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vendredi 14 octobre 2016

Allemagne - Attentat déjoué : scandale après le suicide en prison du suspect syrien

Jaber el-Bakr, qui aurait tenté de s'électrocuter depuis son incarcération, avait été jugé « calme » par une psychologue.


Le Syrien soupçonné de planifier un attentat à Berlin, qui s'est donné la mort mercredi, ne présentait pas de risque de suicide immédiat, se sont défendues hier les autorités allemandes.

Les autorités pénitentiaires de Leipzig où Jaber el-Bakr, 22 ans, était détenu n'ont pas détecté de « danger de suicide imminent », a ainsi expliqué leur patron, Rolf Jakob, lors d'une conférence de presse. 

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Le suspect, qui parlait mal l'allemand, avait été jugé « calme » par une psychologue « chevronnée » mais « sans expérience avec les terroristes », qui s'était entretenue avec lui via un traducteur, a expliqué M. Jakob.

C'est pourquoi le degré de surveillance du suspect est passé d'un contrôle toutes les 15 minutes lors de son premier jour de détention lundi, à un toutes les 30 minutes au deuxième jour.

« Ça n'aurait pas dû arriver, mais malheureusement cela a eu lieu (...), malheureusement le pronostic des experts (en psychologie) n'a pas été confirmé » par les faits, a pour sa part relevé le ministre saxon de la Justice, Sebastian Gemkow. Pour rappel, el-Bakr a été retrouvé pendu à la fenêtre de sa cellule avec son tee-shirt, mercredi à 19h45 (17h45 GMT). Une autopsie est en cours.

Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel a déploré un « terrible incident » et a appelé à une enquête, de concert avec le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière. « Je suis incroyablement choqué et absolument stupéfait », avait déclaré mercredi l'avocat commis d'office de Jaber al-Bakr, Alexander Hübner, qualifiant l'affaire de « scandale judiciaire ».

Son client était en grève de la faim depuis son incarcération et aurait tenté de s'électrocuter. Son suicide va aussi priver les autorités d'informations précieuses. « Cela aurait été bien qu'il déballe son sac », a regretté le procureur Klaus Fleischmann. « Nous ne savons pas s'il y avait quelqu'un derrière lui. » « Les investigations sont bien sûr rendues plus difficiles (par le suicide), et c'est un coup dur pour l'élucidation qu'il s'agisse des complices, des organisateurs, d'un réseau » potentiels, a admis M. de Maizière.

Les autorités surveillent désormais 24h sur 24h l'un des complices suspectés de Jaber el-Bakr, à savoir l'homme au nom duquel était loué l'appartement de Chemnitz où il logeait. Selon les autorités, le jeune homme préparait un attentat contre un des aéroports de Berlin : 1,5 kilo de TATP, un explosif prisé par l'État islamique, avait été retrouvé dans ce logement. Selon les services de renseignements, il aurait pu passer à l'acte « dès cette semaine ».

Les interrogatoires avant sa mort n'ont pas fait la lumière sur la totalité de son projet, selon Bild, qui indique que le réfugié syrien a accusé les trois compatriotes qui l'ont neutralisé d'être des complices. Mais les autorités sont restées prudentes, n'excluant pas une vengeance envers ces trois hommes qui ont hébergé el-Bakr avant de se rendre compte de qui il était et de le livrer pieds et poings liés à la police.

Zones d'ombre

Son parcours reste entaché de zones d'ombre. Il aurait passé cette année « plusieurs mois » en Turquie, selon des médias allemands, et serait revenu « fin août » avec une « grande quantité de dollars ».

Les enquêteurs ne savent cependant pas ce qu'il y a fait ou s'il s'est rendu en Syrie voisine. Le danger que représenteraient des « terroristes » infiltrés dans le flot des 890 000 demandeurs d'asile arrivés en Allemagne en 2015 fait débat depuis des mois et a nourri la popularité croissante des populistes de droite et miné celle d'Angela Merkel.

La question de la surveillance en prison des jihadistes, en particulier ceux ayant planifié des attentats-suicide, a par le passé soulevé de nombreuses questions dans d'autres pays. En France, Salah Abdeslam, membre présumé du commando des attentats de Paris de novembre 2015, est ainsi détenu à l'isolement depuis avril et placé sous vidéosurveillance 24h/24. Ce dispositif très contraignant a été validé par la justice en raison du « caractère exceptionnel des faits terroristes » qui lui sont reprochés.

L'Orient Le jour

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