samedi 15 octobre 2016

Reims - Des détenus entretiennent les cimetières

Action inédite à Reims, cinq volontaires de la maison d’arrêt ont contribué à l’entretien de cimetières.

Cimetière Sud de Reims. « On rend service à la communauté. On doit ça à des familles qui ne peuvent pas venir ».

Gilet fluo sur le dos, pelle racloir en main, ce jeune détenu s’est porté volontaire pour l’entretien de deux cimetières rémois. « Je suis musulman, précise-t-il. Ma religion me permet tout à fait de nettoyer la tombe d’un chrétien ». « On est mieux là que dans la cour de la maison d’arrêt. On est même prêt à faire des heures supplémentaires », sourit un autre.



Ils sont cinq volontaires de la maison d’arrêt de Reims, tous condamnés à des peines ou ayant un reliquat inférieurs à six mois, venus en renfort, en cette veille de Toussaint. Encadrés d’un surveillant et d’un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, ils ont nettoyé jeudi un columbarium, puis désherbé hier allées et tombes. Des familles, qui ont repéré la camionnette blanche estampillée Administration pénitentiaire, en ont profité pour les remercier.

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À l’origine de cette action inédite, Joël Bigayon, directeur de la maison d’arrêt. Avec l’entier soutien de la Ville de Reims, au nom de l’intérêt général et de la contribution à la réinsertion de détenus.

« On se rend compte que la société attend beaucoup des détenus. En parallèle, la distance fait que des familles ont des difficultés à entretenir des tombes. La prison a aussi son rôle à jouer en faveur du mieux vivre ensemble ». D’autant plus que, poursuit Joël Bigayon, depuis l’attentat de janvier 2015 « on associe trop vite le monde carcéral à la radicalisation ».

Si la cité des sacres collabore régulièrement avec la maison d’arrêt, via le prêt de livres ou l’intervention d’artistes au sein de l’établissement, c’est la première fois qu’elle contribue à une opération réalisée en extérieur. Pour Élizabeth Vasseur, adjointe au maire de Reims en charge de l’administration générale, d’autres projets, valorisants, pourraient voir le jour.

3000 euros au téléthon

Convaincu que « se sentir utile permet de garder sa place dans la société », Joël Bigayon a aussi conclu un partenariat avec l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Chaque année, douze détenus se rendent au lac du Der. Sur les zones humides de nidification des grues, ils arrachent à la main des racines potentiellement fatales à certains animaux. L’après-midi est consacré à la découverte de la base ornithologique...

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