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mercredi 12 octobre 2016

Terrorisme : le besoin de "rédemption", levier de recrutement en prison

La "vulnérabilité" et "la familiarité avec la violence" des personnes incarcérées font des prisons une véritable "pépinière", souligne une étude britannique sur la radicalisation.

Terrorisme : le besoin de "rédemption", levier de recrutement en prison

Le djihad sert de rédemption à certains criminels. Une étude du Centre international d'étude de la radicalisation (ICSR) démontre que les réseaux djihadistes sont composés d’une part disproportionnée d’anciens criminels.


Corollairement, le repris de justice ou celui qui a déjà un pied dans le banditisme est particulièrement enclin à être recruté.

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Pourquoi ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une des principales motivations est la rédemption, l’envie de se refaire aux yeux de Dieu. L’étude explique :

"Le récit djihadiste, versé par l’Etat islamique, comble les besoins personnels et les désirs des criminels […]. Ils comprennent comment leur comportement criminel leur avait été nuisible, qu'ils ont dû rompre avec leur passé et compenser leurs 'péchés'."

Parmi les 79 cas de djihadistes scrutés par l’étude britannique, 57% ont passé du temps en prison avant leur radicalisation. Mais le plus révélateur est qu’au moins 27% d’entre eux se sont radicalisés pendant leur séjour derrière les barreaux.

"J'ai fait beaucoup de mauvaises choses"

Les chercheurs se sont penchés sur le cas d'Abderrozak Benarabe, alias "Big A", un trafiquant de drogues du Danemark qui est parti se battre en Syrie dès 2012 en passant par des réseaux djihadistes. Il déclare dans une vidéo : "J’espère qu’Allah nous pardonnera pour ce que nous avons fait. Parce que j’ai fait beaucoup de mauvaises choses."

L’enrôlement de ce gangster s’explique en partie par sa volonté de se "laver" de ses péchés. L'étude rapporte :

"La radicalisation de Benarabe a été motivée par une ouverture cognitive après qu’un cancer ait été diagnostiqué à son frère. Après cela il lui fit promettre de changer ses habitudes criminelles en demandant en échange qu’Allah le guérisse."

Les prisons européennes: "une pépinière"

Épris d’un sentiment de culpabilité, les criminels sont donc en proie au recrutement. Résultat, les prisons sont devenues une véritable cible pour les réseaux djihadistes.

Pourquoi ce milieu est-il si propice ? Contrairement aux groupes indépendantistes ou nationalistes tel que l’IRA (Armée républicaine irlandaise), les djihadistes ont réussi à s’approprier cet espace, à y répandre leur idéologie, d’après l'étude qui s'est intéressée à plusieurs cas français tels qu'Amedy Coulibaly ou Salah Abdeslam.

Les différentes caractéristiques retrouvées chez nombre de personnes incarcérées, comme "la vulnérabilité" ou "la familiarité avec la violence", font des prisons une véritable "pépinière", souligne l’étude. Par exemple :

 "60% des individus dans notre base de données ont été impliqués dans des crimes violents." Le recruteur privilégie ainsi des criminels, "prêts à l’emploi."

L'Obs

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