mardi 9 décembre 2014

Seysses : plus de 800 téléphones saisis depuis janvier

À la maison d'arrêt de Seysses, beaucoup de marchandises passent «par-dessus» les murs. Deux «lanceurs» ont été arrêtés par les gendarmes. Hier ils étaient devant le tribunal.
Les deux hommes ont été arrêtés à l'extérieur d la prison de Seysses, dimanche./ DDM archives
 
«J'ai agi sous la menace !» Nassim, 18 ans et Faiçal, 22 ans ont partagé la même ligne de défense, hier, devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Les deux jeunes gens ont été arrêtés dimanche à une heure d'intervalle par les gendarmes aux pieds des murs de la maison d'arrêt de Seysses. Ils venaient de jeter des colis aux détenus, par-dessus les clôtures.

Les gendarmes surveillaient la prison pour éviter que des lanceurs de colis agissent, comme cela arrive trop souvent le week-end. «C'est un des poisons de la vie en milieu pénitentiaire !», s'agace le procureur Denis Chausserie-Laprée qui a dénoncé hier l'introduction «d'éléments de délinquance» à l'intérieur des établissements pénitentiaires. Ces colis font en effet l'objet de trafic en maison d'arrêt. Selon les syndicats, depuis le début de l'année, plus de 800 téléphones portables ont déjà été saisis ! «On trouve de tout à Seysses. Beaucoup de drogue, bien sûr, de l'alcool, de la nourriture venue de l'extérieur… Récemment, nous avons même saisi deux consoles de jeux !», raconte un agent de l'administration pénitentiaire.

Menacés ?

Nassim et Faiçal ont été arrêtés dimanche après midi, à 15 heures et 16 heures. Ils avaient pénétré dans l'enceinte de la prison pour jeter des colis contenant du cannabis, des téléphones portables, de l'alcool et même de la viande dans la cour de promenade. Un troisième colis a été intercepté par les gendarmes. Il contenait 100 grammes de cannabis. D'autres individus ont été vus en train de jeter des colis mais ils ont réussi à s'échapper.

«C'est un système bien rodé», comme l'a rappelé la défense de Nassim, Me Hélène Simon-Grassa. «J'ai regardé sur internet où il fallait que je me place pour lancer les colis» a avoué Nassim. Le jeune homme n'a pas de casier et ne connaît pas la prison de l'intérieur. «Je suis menacé par des détenus. Si je ne le fais pas on me frappe, explique-t-il. Je l'ai fait trois fois et j'ai été pris à chaque fois».

Faiçal, lui, est sorti de la maison d'arrêt fin octobre. «Je subis des menaces de la part des gitans». Et le jeune homme n'a pas hésité à faire du chantage à ses juges : «Si je retourne en prison je ne ferai pas ma peine je vais me suicider !». «On m'avait dit qu'il y avait des sandwichs et des cigarettes à l'intérieur des colis» a continué le jeune homme.

La présidente Anne Rivière, pas vraiment dupe, lui a rappelé qu'il a déjà été contrôlé samedi aux abords de la prison dans un véhicule avec trois autres individus et 5 téléphones portable. L'un des téléphones était justement dans le colis qu'il a jeté dimanche.

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