mardi 1 septembre 2015

Centre de détention de Papeari : les premiers détenus attendus pour début 2017

Gilbert Marceau est le directeur du futur centre de détention de Papeari. Depuis 2014, il coordonne le projet de ce nouveau centre et le recrutement du personnel. Il a travaillé auparavant comme directeur de la maison centrale de Lannemezan dans les Hautes-Pyrénées, à Perpignan, à Mayotte ou encore en Nouvelle-Calédonie. Interview.          
Centre de détention de Papeari : les premiers détenus attendus pour début 2017
  
Que va apporter un nouveau centre de détention à Tahiti ?

"La construction de Papeari est destinée à remédier à la surpopulation de Nuutania (449 détenus pour 165 places). C'est un grand projet construit sur les principes fondamentaux d’une prison, respectueuse de la dignité des personnes incarcérées, accueillante pour la famille et les visiteurs et qui offre des conditions de travail de grande qualité pour le personnel. Les détenus vivront dans des conditions très correctes. C’est un projet qui respecte aussi les règles de sécurité pénitentiaire.

Sur le plan économique, 58 millions d'euros sont injectés dans l'économie polynésienne, la construction de la prison fait travailler une vingtaine d'entreprises locales. De plus, près de 200 familles des salariés du centre de détention arriveront dans la région de la presqu'île, cela donnera un coup de fouet à l'économie locale. Nous étudions également avec la municipalité de Papeari plusieurs formes de partenariat."

Quand est-ce que le centre de détention accueillera ses premiers détenus ?

"L’établissement sera livré normalement en octobre 2016, les premiers détenus devraient arriver au premier trimestre 2017. Le chantier a démarré le deuxième semestre 2013. En 2014, nous avons réalisé le gros-œuvre : 80 % des travaux ont été confiés à des entreprises locales. La superficie de la prison sera de 24 000 mètres carrés de surface utile. 320 emplois sont mobilisés pendant la phase de chantier. 30000 heures d’insertion sont dédiées aux candidats éligibles par le Sefi. En fin de chantier nous devrions dépasser de 20 % ces 30 000 heures d'insertion. "

Décrivez-nous la cellule-type.

C'est une cellule de 10,5 m², équipée d'une douche, d'un WC, d'un lavabo, d'un lit, d’une liseuse, d’une table et d'une chaise, le détenu y vit seul.    
En quoi le centre de détention de Papeari est-il plus moderne que Nuutania ?

L’établissement est construit selon les caractéristiques métropolitaines avec une adaptation polynésienne. Par exemple, les portes de cellules dites "tropicalisées" favorisent la circulation d’air. Cet établissement intègre les améliorations apportées par la loi pénitentiaire de 2009. Comme les unités de vie familiale (UVF), appartements où les détenus peuvent recevoir leur famille pour une durée qui ne peut excéder 72 heures. Ainsi, l'établissement disposera de 3 appartements : un T3 et deux T2. Le maintien du lien familial est renforcé, c'est une condition fondamentale à la réinsertion des détenus.

Outre la détention, on peut trouver des services communs à toutes les prisons : salle de classe, une unité de consultation et de soins ambulatoires (UCSA), une salle multi-cultuelle, des ateliers et des parloirs. L'établissement sera aussi équipé d'une cellule de prévention suicide, dite cellule de protection d’urgence (CEPROU). C'est une cellule sans "point d'accroche" où l'on peut placer un détenu en crise suicidaire pour une durée qui ne peut excéder 24 heures. En aucun cas, ce n'est une cellule disciplinaire ou d'isolement.

De plus, nous aurons un quartier des arrivants d'environ une vingtaine de places. C'est un lieu qui leur permettra de rencontrer tous les services de la prison : le médical, les travailleurs sociaux, les enseignants, le chef de détention, etc. Ensuite, ils rejoignent le quartier de détention après une réunion de la "commission pluridisciplinaire".
Le centre de détention aura aussi son quartier disciplinaire et d'isolement de 20 places.

Vous avez également un objectif de formation professionnelle au sein de la prison ?

Nous avons déjà commencé à travailler avec le vice-Recteur et la Ministre de l’éducation nationale afin qu’à l’ouverture de l’établissement, le centre scolaire soit opérationnel et que les enseignants nécessaires y soient affectés. Parmi les projets, nous allons créer un fa’apu pour former 9 à 12 détenus à l’agriculture maraîchère. Nous disposons également d’ateliers (environ 600 m²).     
RECRUTEMENT

Le concours des surveillants de Papeari a mobilisé beaucoup de monde à Tahiti.

Oui, c'est un recrutement d'une grande envergure : 4502 personnes ont passé les épreuves sur 16 centres d'examen. 794 personnes sont admissibles à l'oral. Les épreuves orales se dérouleront du 7 au 25 septembre. Le concours suscite de l’engouement car il offre une sécurité d'emploi et un statut assez favorable. Nous allons générer au total plus de 200 emplois au niveau du centre de détention.

D'autres concours sont-ils prévus ?

Des concours internes sont prévus pour le personnel déjà en place à Nuutania. Un autre concours de catégorie C devrait également avoir lieu pour recruter du personnel administratif en fin d'année ou début d'année prochaine. Une quinzaine d'emploi devraient être ouverts. Toutes les personnes recrutées pendant les concours n'ont pas vocation à venir travailler à Papeari car nous donnons la possibilité aux agents de Nuutania de demander une mutation, environ 35 % d'entre eux seraient intéressés.     


Le centre de détention de Papeari compte 410 places avec deux bâtiments centraux de 200 places. Ce sont des détenus hommes, majeurs et soumis à de longues peines qui y seront accueillis.


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