vendredi 2 novembre 2018

Après le drame, l'inquiétude persiste autour du Spip d'Aix

Pétition, sécurisation... deux semaines après l'assassinat d'un homme à la sortie du service d'insertion et de probation d'Aix, riverains et personnel restent à cran

Après le drame, l'inquiétude persiste autour du Spip d'Aix

Il est surveillant pénitentiaire depuis près de 20 ans, mais désormais, Frédéric travaille en milieu ouvert, à l'extérieur de la prison, au Service pénitentiaire d'insertion et de probation d'Aix (Spip).



C'est ici que l'on s'occupe des aménagements de peine, suivi des mises à l'épreuve, travaux d'intérêt général, obligation de soins... Et des bracelets électroniques.

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Ce matin du 17 octobre dernier, débutait, comme toujours, par les poses de bracelets. Hichem, un Vitrollais de 28 ans avait fait l'objet d'une suspension de peine, le temps d'une courte hospitalisation.

Remis sur pied, il avait rendez-vous à l'antenne du Spip d'Aix pour être remis sous bracelet électronique. Sitôt rééquipé, il quittait les locaux du Spip. Quelques instants plus tard, des coups de feu étaient entendus. Des tirs de kalachnikov. Un homme était retrouvé au sol, mortellement touché, tandis qu'un autre se réfugiait dans un commerce voisin, blessé à la jambe.

"On n'a pas compris tout de suite ce qui se passait et puis on a su que quelqu'un avait été tué", souffle Frédéric, qui est également délégué syndical CFDT. Ce n'est que plusieurs heures après que le surveillant réalisera que la victime est l'homme qu'il venait d'équiper. "Le boîtier de son bracelet aurait dû s'activer rentrant chez lui, or on n'avait rien. C'est comme ça qu'on a compris que c'était lui. Ça fait un choc."

Personnel sous le choc

Deux semaines après ce règlement de compte sur fond d'affaire de stups, la trentaine de personnels administratifs, surveillants et conseillers de probation du Spip d'Aix sont toujours dans l'inquiétude.

Et ils ne sont pas les seuls : lundi, des riverains de l'avenue du Club Hippique ont adressé une demande au préfet des Bouches-du-Rhône afin que le service, désormais perçu comme un danger, soit déménagé.

Les parents d'élèves des nombreuses écoles du quartier qui redoutent d'être "des victimes collatérales de probables règlements de compte, ont lancé une pétition en ligne.

"On a appris ça dans le journal", glisse le délégué syndical, convenant que "nous ne sommes pas à l'abri d'un incident plus grave encore, qui viserait le personnel". Et de pointer une sécurisation des locaux jugée insuffisante, l'absence de parking pour ces agents qui sont au contact d'un public parfois violent ou radicalisé.

Visite ministérielle

Des points qui avaient été soulevés directement auprès de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet. Le ministre de la Justice s'étant rendue sur place dès le lendemain du drame pour rencontrer les personnels. À cette occasion, elle avait annoncé l'embauche de 1500 agents d'insertion et de probation supplémentaires d'ici à 2022.

"Il y a urgence, car chaque conseiller suit environ 120 dossiers, alors qu'il devrait en suivre 80. Mais même 1500 agents, à l'échelle nationale, ce n'est pas énorme, si on compare à d'autre pays comme l'Angleterre ou l'Allemagne, tempère Frédéric, notant que le temps d'assurer la formation des nouvelles recrues, "on ne verra pas la différence avant au moins trois ans".

Quant aux mesures de sécurisation du Spip d'Aix, des "questions qui devraient être résolues assez rapidement", dixit la ministre, qui avait demandé un audit de sécurité, "pour l'heure, hormis le soutien psychologique, rien n'a bougé", constate le syndicaliste.

La Provence


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