mardi 20 novembre 2018

Val-d’Oise. A Montmagny, Nicole Belloubet lance son agence des Tig

La ministre de la Justice est venue promouvoir le développement du travail d'intérêt général (Tig) et présenter la future agence des Tig, comme alternative à la prison.

Val-d’Oise. A Montmagny, Nicole Belloubet lance son agence des Tig

Nicole Belloubet a visité, lundi 19 novembre, la ferme pédagogique de la Butte-Pinson qui accueille des personnes sous main de justice.

« Si la prison est utile, d’autres mesures peuvent l’être contre la récidive », a expliqué la ministre à l’issue de son déplacement à Montmagny, pour y présenter l’Agence du travail d’intérêt général, qui doit contribuer à désengorger les prisons.

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Le dispositif sera désormais associé à une plateforme numérique dédiée permettant de faciliter l’exécution de cette forme de peine, qui ne représente que 6 % des condamnations prononcées.

Elle sera mise en ligne le 10 décembre. Le temps des Tig pourrait être relevé à 400 heures contre 280 heures maximum actuellement.

Des 18 000 Tig disponibles, l’État souhaite atteindre les 30 000, à travers un projet de loi présenté lundi.

Notamment accompagnée de Stéphane Bredin, directeur de l’administration pénitentiaire, la ministre s’est fait présenter le site qui propose d’effectuer des Tig au sein de l’association Les Fermiers.

La ministre souhaite élargir les partenariats avec les entreprises privées ayant une délégation de service public.

« Ici, je suis utile »

« C’est un atout puissant pour que les tigistes trouvent une voie de réinsertion sociale », défend la garde des Sceaux qui a dialogué avec des tigistes en cours d’exécution de peine.

« Même si je ne suis pas en prison, je paie ma peine. Ce que j’ai fait ne méritait pas de me retrouver dans un lit de prison à regarder la télé. Quel en serait le bénéfice pour vous (l’État) comme pour moi ? Je me sens plus utile ici qu’en détention », argumente Mourad, 44 ans, père de quatre enfants, condamné à 80 heures de Tig pour une conduite sans permis.

« Ici, on n’est pas là pour subir la peine mais être acteur de sa peine », ajoute Julien Boucher, directeur de la ferme pédagogique.

La ferme, plutôt que la prison ferme

Des animaux en semi-liberté et des hommes qui seraient condamnés par la justice à des peines de travaux d’intérêt général (Tig) : c’est la cohabitation qui est proposée par l’association de réinsertion de la ferme pédagogique de la Butte-Pinson, à Montmagny.

Lancé en 2014, l’espace de 114 hectares de l’association les Fermiers de la Francilienne propose à des jeunes sous main de justice de s’initier aux travaux de la ferme, pour les préparer à une réinsertion dans la société.

Ils ont, pour la plupart, entre 18 et 25 ans. Le plus souvent, ils sont sans emploi et ont décroché du système scolaire. Ils sont encadrés par cinq conseillers en insertion. C’est eux qui se chargent de la mise en place de la peine et de la relation avec les services pénitenciers.

Il y a en moyenne une quarantaine de Tig en permanence dans la ferme. 16 000 heures y ont déjà été effectuées dans ce cadre à travers des tâches à effectuer pour la ferme. Les Tig se chargent de donner à manger aux animaux, nettoyer les enclos, sortir les vaches, l’âne et les moutons en pâture. Cette responsabilité envers des êtres vivants contribue à se réinsérer. Les Tig sont également au contact du public et des visiteurs, comme les groupes scolaires.

Actu.fr





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