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mercredi 5 octobre 2016

Agen - Pénitentiaire : les syndicats désabusés attendent de voir

Visite sous tension syndicale du Premier ministre et de son Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, jeudi. Les délégués UFAP et Force Ouvrière sont désabusés.

Le Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, accompagnera Manuel Valls. / Photo archives Jean-Michel Mazet

La lassitude aura-t-elle pris le pas sur la colère et la grogne au sein des personnels de l'administration pénitentiaire ? À J-1 de la venue de Manuel Valls et de son ministre de la Justice à l'Enap (lire ci-contre), les représentants des syndicaux maison n'attendent globalement pas beaucoup de cette énième visite officielle.



1/L'ENAP

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Dominique Gombert est délégué régional Force Ouvrière. «Je travaille à l'ENAP et je vois la souffrance des personnels et des élèves. Les infrastructures ne suivent pas. Dans les salles de classe, tout le monde n'a pas une chaise. Dans les chambres individuelles, les élèves se retrouvent à plusieurs, avec ce que cela peut engendrer de promiscuité dans la vie quotidienne et sur la qualité de la formation. Oui, on espère l'extension de l'école et une annonce du Premier ministre jeudi».

Les syndicats maison attendent aussi que ce projet d'extension englobe la sécurisation du site dans son ensemble. «Dès le départ, il y a quinze ans, Force Ouvrière a fait partie de ceux qui émettaient des réserves sur la sécurité de l'école.» Depuis 2000, la donne a changé, le personnel de l'administration pénitentiaire est une cible. La direction de l'ENAP a confirmé que l'idée d'une sécurisation des accès était validée, sans date toutefois.

2/Les personnels

Dans un contexte sécuritaire, le ministre Urvoas a annoncé un recrutement XXL dans les cinq prochaines années.

«Déjà, commençons par adapter la réglementation interne des maisons d'arrêt et des centres de détention. Les règlements intérieurs ne sont plus adaptés à la violence et aux phénomènes sociaux comme la radicalisation…»

En théorie, l'ouverture d'une cellule se fait à deux. En pratique, un surveillant peut être amené à avoir la charge de deux étages. «On n'applique plus les règlements intérieurs car on achète la paix sociale. Les collègues n'en peuvent plus. Comment accepter qu'un service de matin jusqu'à 13 heures, par exemple, puisse durer jusqu'en début de soirée par manque d'effectifs ?»

Le 17 octobre, l'ENAP accueille une nouvelle promotion d'élèves surveillants. Un chiffre, 900, a été annoncé lors de la venue du ministre en avril dernier. Les syndicats ont fait les comptes prévisionnels. Le nombre d'inscrits pourrait tomber à 700. «D'autres corps de la sécurité publique, comme la police ou la gendarmerie recrutent également. Ce qui est dit de l'exercice du métier de surveillant n'aide pas les candidatures.»

3/Les prisons

Dans le panier du gouvernement, la réorganisation ou restructuration des prisons. «Le ministre parle à nouveau de l'encellulement individuel. Cela fait pas moins de 140 ans que c'est évoqué !», peste le même Dominique Gombert.

Même ton de voix du côté de Jean-François Forget, le secrétaire général de l'autre syndicat, l'UFAP. «Pas de concertation, pas de discussion, pas d'information sur le contenu des intentions du gouvernement ! Certes, on nous écoute, mais on ne nous entend pas», martèle ce responsable.

«À ce jour (mercredi, N.D.L.R.) personne ne sait s'il est question d'ouverture, de fermeture, de création d'établissement. À l'UFAP, on ne veut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, mais on attend une vraie loi de programmation. Si les intentions restent à l'état de promesses dans cette période électorale, quel crédit y donner ? La pénitentiaire est un grand chantier. Le projet des socialistes doit être repris par les Républicains.»

Pas de boycott annoncé de la part des syndicats de la pénitentiaire. À l'UFAP toujours, des responsables régionaux s'interrogeaient hier à voix haute sur la nécessité de leur présence demain lors de la venue du duo gouvernemental. Un signe de la lassitude affichée. «Sarkozy avait promis et n'a pas fait. Hollande est arrivé, n'avait pas d'argent, a mis en place des mesures alternatives à la détention sans beaucoup de succès il faut le dire». l

Zoom

Programme de la visite

Le Premier ministre sera en visite en Lot-et-Garonne, ce jeudi 6 octobre. En compagnie du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, il se rendra à 9 h 30 à l'École nationale de l'administration pénitentiaire d'Agen. Après une cérémonie protocolaire (salut au drapeau, revue des troupes, remise de médailles, baptême de promotion des élèves), Manuel Valls prendra la parole et déclinera devant les élèves les mesures du plan mis en œuvre par le gouvernement afin de permettre une amélioration et un accroissement du parc pénitentiaire.

Il présentera également les futures évolutions des métiers de l'administration pénitentiaire, afin notamment de répondre aux enjeux de la sécurité dans les prisons. Le Premier ministre suivra ensuite un atelier de simulation de techniques d'intervention en milieu carcéral, puis échangera avec des élèves de l'Enap.

À 14 h 15, Manuel Valls est attendu à Marmande où il dévoilera la plaque de la chambre détachée du tribunal de grande instance, illustrant la volonté de l'État de moderniser la carte judiciaire tout en veillant à l'aménagement du territoire. La cérémonie se déroulera en présence de Matthias Fekl, ancien député du Marmandais et secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger.

À 15 heures, les personnalités visiteront l'entreprise Asquini, de Marmande (mécanique et outillage de précision), puis à 16 h 50 Fonroche à Roquefort (équipements d'énergie solaire).

La Dépêche

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