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vendredi 14 octobre 2016

La cavale ratée d'un caïd de la drogue

La belle avait été spectaculaire, mais le détenu en fuite avait été arrêté quinze jours plus tard dans un hôtel miteux. Huit ans de prison ont été requis.


« Inventez la guillotine,tuez-moi, je n'ai plus de force. Avec les peines que j'ai déjà, j'en ai pour vingt-cinq ans... Tout ça parce que je m'appelle Ben Faiza... » supplie Ouaihid Ben Faiza devant le tribunal, lorsqu'il entend réclamer contre lui huit ans de prison pour sa spectaculaire évasion, en juin 2014, de l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis.


Cet ex-poids lourd du trafic de drogue originaire de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), 43 ans, jugé hier à Bobigny avec quatre autres prévenus, s'était fait la belle lors d'une visite médicale le 4 juin 2014.

Il évoque un effet d'aubaine

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Un commando en combinaisons de peintres et armé -- au moins de bombes lacrymogènes -- avait réussi à le soustraire à son escorte pénitentiaire après son rendez-vous chez l'ophtalmo.

Personne n'a été grièvement blessé, mais des gardiens souffrent encore de séquelles psychologiques. La Kangoo de l'évasion a été retrouvée brûlée. Et l'évadé, déniché deux semaines plus tard, dans un hôtel sans charme, en face de l'aéroport du Bourget, alors qu'il était parti s'acheter quelques sushis.

« Quand on est arrivés de l'hôpital, trois personnes sont sorties de la Kangoo, et il y a eu un jet de lacrymogène en notre direction, j'ai eu l'occasion de partir, instinctivement j'ai couru », soutient Ben Faiza, évoquant un effet d'aubaine plus qu'une cavale préparée.

S'il avait préparé son évasion, dit-il, il serait parti à l'étranger, « pas dans cet hôtel miteux ». Pour le procureur, qui n'a pas jugé utile de poser de question pendant l'audience, tant il « n'attendait rien des prévenus », c'était en revanche « une opération d'exfiltration millimétrée par un commando de gangsters », « un bras d'honneur à la police, un défi à la loi et à la justice ».

Plusieurs de ces gangsters manquaient en tout cas à l'appel, puisque le commando se résumait hier à un seul prévenu de 22 ans, dont l'ADN a été retrouvé sur un morceau de combinaison et les gants près de la Kangoo incendiée. Il y avait bien d'autres ADN sur ces lambeaux, dont un féminin, mais seul le sien était identifiable. Il a été condamné à cinq ans de prison. Des peines de dix mois avec sursis à douze mois ferme ont été prononcées contre trois autres prévenus, qui avaient fourni la Kangoo ou visité Ben Faiza en cavale.

Incertitudes, doutes, contradictions... La défense, qui envisage déjà de faire appel, a fustigé un dossier « gruyère » et le « manque de rigueur de l'accusation », taclé les « mensonges des surveillants de l'administration pénitentiaire », absents à l'audience, qui avaient d'abord assuré que Ben Faiza était entravé aux pieds, « pour ne pas avoir de problème avec leur administration », alors que « c'est à l'initiative du chef de bord » qu'on ne lui aurait pas remis ses menottes. Rien dans l'enquête, ni dans les débats, n'a permis de savoir qui avait informé le commando de l'extraction de Ben Faiza, ce 4 juin 2014.

Le Parisien

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