jeudi 17 décembre 2015

Il s'évade de la prison du Havre...parce qu'il préfère être incarcéré à Nantes

Un détenu s'est évadé de la prison du Havre (Seine-Maritime) pour rejoindre Nantes (Loire-Atlantique) où il préférait être écroué. Il était jugé mercredi 16 décembre 2015.
 
Le détenu s'est évadé parce qu'il voulait être écroué...ailleurs qu'au Havre (Seine-Maritime). (Photo d'illustration LB)
 
Un détenu a été condamné, mercredi 16 décembre 2015, en comparution immédiate, à trois mois de prison supplémentaires pour « évasion », après ne pas être revenu, le 4 décembre 2015, d’une permission de sortie que lui avait accordée le centre pénitentiaire de Saint-Aubin-Routot (Seine-Maritime), près du Havre.

 Choukri H., 56 ans, avait frappé 15 jours plus tard à la porte de la maison d’arrêt de Nantes (Loire-Atlantique), dont il avait gardé un bon souvenir lors d’une précédente incarcération… et où il voulait être à présent écroué.
Je connaissais un peu l’établissement, pour y être passé il y a quatre ou cinq ans, et ça me convenait parfaitement », a expliqué à l’audience ce braqueur chevronné condamné en 1999 à 15 ans de réclusion criminelle pour trois vols à main armée, puis à cinq autres en 2004 pour de nouveaux « vols aggravés ».
«À Nantes, il y avait des formations de mécanicien auto, de menuisier, de maçon… Là-bas, j’étais apprécié, et on m’avait même mis chef d’équipe. » La prison du Havre, d’où il devait initialement sortir en 2019, ne trouve en revanche pas du tout grâce à ses yeux.

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« Un centre pénitentiaire, ce n’est pas un hôtel »

« Cet établissement, qui est petit, ne me convient pas du tout… Il me reste quatre ans à tirer, et il n’y a aucune formation pour préparer ma réinsertion », a critiqué le prévenu, qui s’était également vu refuser à Saint-Aubin-Routot une permission de sortie, l’an dernier, pour les décès de ses parents. C’est pourtant lui qui avait demandé son transfert au Havre, il y a près de cinq ans, pensant pouvoir y trouver plus facilement un aménagement de peine. Son passé judiciaire – qui l’a conduit à Fresnes, Clairvaux, Draguignan ou Lyon – lui a en effet permis de se dresser, au fil des ans, son propre comparatif des différentes prisons françaises…
Un centre pénitentiaire, ce n’est pas un hôtel ! Ce n’est pas à lui de choisir son lieu de détention », a répliqué la procureure de la République, qui avait demandé au tribunal correctionnel de Nantes de condamner le prévenu à six mois de prison supplémentaires.
« Six mois, c’est beaucoup trop… On peut peut-être lui demander de purger en prison le temps qu’il a passé à l’extérieur, soit quinze jours », avait plutôt suggéré son avocat, Me Ramzi Sahli. « Je suis désolé, je ne pensais pas que ça prendrait de telles proportions », s’était excusé son client, avant que les juges nantais ne partent délibérer. « Au final, ça a créé plus de difficultés qu’autre chose. J’en suis navré. »
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