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mercredi 30 décembre 2015

L’évadé de la maison d’arrêt de Besançon a été retrouvé… en prison en Belgique

En détention, on lui donnait le « Bon Dieu » sans confession. Détenu exemplaire, Charles Clinck, 52 ans, purgeait tranquillement une peine d’un an de prison, à la maison d’arrêt de la Butte, à Besançon. Il y était considéré comme « auxiliaire » et y circulait librement. Jusqu’à son évasion, le 7 octobre dernier.
 
Motif de son incarcération : il s’était fait pincer au début du mois de juillet par les douanes, sur l’aire de l’autoroute A36 à Fontaine-lès-Clerval, transportant dans son coffre onze kilos d’herbe de la meilleure variété. De la « skunk », très largement dosée en THC, le principe actif du cannabis.

« Surprise totale »

Jugé en comparution immédiate, ce citoyen belge, installé en Espagne comme promoteur immobilier, avait expliqué que, durement touché par la crise, risquant de se voir expulsé de son propre appartement, il avait accepté de convoyer la voiture jusqu’à un parking en Alsace, pour des commanditaires suisses et la somme de 1.000 €.

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Il ne savait pas, toujours selon ses dires, ce que le coffre contenait. Déclaration qui avait rendu dubitatif le représentant des douanes à l’audience, vu le parfum particulièrement entêtant de la drogue embarquée. En plus d’une peine d’un an ferme, Charles Clinck avait écopé d’une amende douanière de 118.000 €, correspondant à sa valeur marchande.

Sa fuite avait été « une surprise totale », confiait cet automne la procureure de la République de Besançon, Edwige Roux-Morizot. Le quinquagénaire était en effet apprécié par l’administration pénitentiaire pour son « caractère paisible » ayant la vertu de « canaliser les plus jeunes ». C’est donc sans difficulté qu’il avait bénéficié ce fameux mercredi 7 octobre d’une permission encadrée, avec quatre autres prisonniers préparant leur sortie. Lui-même pouvait prétendre à une libération anticipée « début février », selon son avocat.

Un escroc de haute volée

C’est ainsi sans méfiance que, de retour d’une boucle cycliste, à Avanne-Aveney, les encadrants du groupe l’avaient autorisé à aller voir de plus près une automobile de collection stationnée de l’autre côté de la rue, où ils attendaient qu’on vienne les chercher en bus. Révélant alors son véritable visage de filou, Charles Clinck en profitait pour disparaître.

Ce que le parquet ne savait pas alors, et encore moins le juge d’application des peines ayant accordé la sortie, c’est qu’il était un habitué des faux-fuyants, un escroc de haute volée, s’entendant pour endormir ses vis-à-vis. Petit à petit, son pedigree refait surface.

Suite au mandat d’arrêt européen lancé par le parquet de Besançon, Charles Clinck a été interpellé à Alicante le 12 novembre. Il était tout bonnement rentré chez lui, à Benidorm. Toutefois, son retour en France se faisant attendre, les magistrats français ont multiplié les contacts avec les autorités espagnoles pour apprendre ces jours-ci que leur évadé avait été remis à la justice belge le 3 décembre.
Il était en effet également attendu par la prison de Nivelles, une commune au sud de Bruxelles, pour y purger un reliquat de 40 mois de prison, d’une condamnation pour des fraudes à la TVA sur des voitures de grand luxe (Porsche et autres Ferrari ou Jaguar…), pour un montant évalué par l’administration fiscale belge dépassant 1,5 M€. Ce qui avait motivé sa fuite au soleil…

Rattrapé en Espagne mais livré en Belgique

Auparavant, en France, l’escroc avait également échappé à une peine de quatre ans d’emprisonnement pour escroquerie, peine aujourd’hui prescrite. On voit tout l’intérêt qu’auraient les différentes administrations judiciaires européennes à renforcer leurs connexions. « Ce ne sont pas seulement des faits que nous jugeons » reconnaît Mme Roux-Morizot, « mais aussi ce que sont les personnes… » Une nuance qui peut s’inscrire en bonus comme en malus, suivant les individus déférés devant la justice.

Dans tous les cas, cet épisode rocambolesque aura servi de leçon à Besançon...

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