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lundi 15 août 2016

Christiane Taubira évoque son "douloureux apprentissage" de la politique

Interviewée dans Le Monde dimanche, Christiane Taubira est revenue sur ses ambitions, son enfance à Cayenne et la douleur que peut infliger la politique. 

Christiane Taubira le 27 janvier 2016

Après avoir riposté à la pique de Manuel Valls en début de semaine concernant la surpopulation pénitentiaire, l’ancienne ministre de la Justice s’est confiée au journal Le Monde dimanche.



Elle y évoque son enfance à Cayenne, l’exigence de sa mère et la force que lui a donné cette figure maternelle : "Je n’ai peur de rien. Je peux pleurer sur le malheur des autres, mais je ne pleure jamais sur moi. Et si un malheur m’arrive, je me redresse et j’avance. Si je dois crever, je crève. C’est tout."

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Une endurance qu’elle juge indispensable dans les combats qui lui ont toujours tenu à cœur. "Je ne savais pas ce que je ferais plus tard. Mais il y avait en moi une espèce de sommation intime. Il était inconcevable que le monde continue avec les inégalités que je trouvais criantes", explique-t-elle, avant de citer les modèles qui l'ont inspirée : "Les missionnaires", dit-elle, "les figures rebelles du siècle des Lumières", avant d'ajouter : "Martin Luther King, Malcom X, Angela Davis…"

Quand elle prenait "deux aspirines la nuit"

Autant d’inspirations qui l'ont conduite sur la route de la politique : "J’ai grandi avec une injonction intérieure : c’est qu’on se doit aux autres." Elle raconte aussi son enfance, passée à donner des cours aux enfants du quartier, et son adolescence militante "dans un parti indépendantiste, un syndicat, des associations que je monte ou que je rejoins."

Christiane Taubira revient à cette occasion sur les blessures qui ont marqué son parcours politique : "Les parquets de toutes les régions de France m’écrivaient, lorsque j’étais garde des Sceaux, pour me demander si je voulais porter plainte pour des injures racistes, caractérisées, raconte-t-elle : 'Remonte dans ton arbre!', 'macaque', 'bonobo'…"

Une souffrance qui se traduisait en douleur physique : l’ancienne ministre raconte en "avoir souffert physiquement pendant des années", et avoir du "prendre deux aspirines la nuit" quand elle devait "convenir d’un compromis au Parlement". Une culture du compromis politique qui a constitué une part de son "long et douloureux apprentissage" politique : "apprendre que si l’on veut travailler avec les autres, il faut accepter de cadencer son pas."

Le JDD

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