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vendredi 5 août 2016

Le détenu d'Argentan rentre de permission avec 430 g de cannabis

Le tribunal correctionnel d'Argentan a condamné un détenu du centre de détention à une peine de 30 mois d'emprisonnement pour avoir voulu entrer en prison avec du cannabis.

Un habitant de Ploërmel, détenu au centre de détention d'Argentan, a été interpellé à son retour de permission avec 370 grammes de résine de cannabis.

Le tribunal correctionnel d’Argentan a condamné, en comparution immédiate, vendredi 4 août 2016, un détenu de 28 ans du centre de détention à une peine de 30 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt pour usage, acquisition, détention et transport de stupéfiants.


Cannabis dissimulé dans les sous-vêtements

À l’issue d’une permission de sortir de quelques jours, permission qu’il a passée à Ploërmel (56) dans sa famille, Anthony Guillot réintègre le centre de détention le 2 août.

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À son arrivée, il est pris en charge par un surveillant qui le fouille. Mais l’intéressé proteste, un gradé intervient, il proteste à nouveau. Devant ce comportement, le personnel pénitentiaire devine qu’il cache quelque chose et lui conseille de remettre spontanément ce « quelque chose ». Il s’avère qu’il s’agit de résine de cannabis : 11 morceaux emballés pour un poids total de 430 grammes sont dissimulés dans ses sous-vêtements.

Mystérieux commanditaire

Anthony Guillot est aussitôt placé en garde à vue au commissariat de police local.

Il déclare aux enquêteurs que quelqu’un, dont il ne veut pas dire le nom, lui a demandé de rentrer la drogue et précise qu’il devait en garder 130 grammes pour lui ; le reste étant vendu 10 € le gramme en détention. Il précise que ce mystérieux commanditaire lui avait communiqué un numéro de téléphone griffonné sur un papier afin de contacter les vendeurs, en l’occurrence trois personnes de type asiatique qu’il dit ne pas connaître. Il ajoute que la transaction s’est faite dans le centre-ville de Ploërmel.

Dans le box, le prévenu renouvelle ses aveux et fournit la même explication. Questionné par la présidente, il maintient qu’il n’a subi aucune pression :

« quelqu‘un m‘a demandé, j‘ai dit oui, voilà » lâche-t-il.

Il confirme également qu’il a brûlé le papier où se trouvait le numéro de téléphone et qu’il a détruit la carte sim du téléphone qu’il a utilisé. De même, il avoue qu’il consomme presque tous les jours de la résine de cannabis en détention.

Peine exemplaire

Pour Yves Couroux procureur, la version fournie par l’intéressé est une pure fable. À son sens, le mis en cause connaissait obligatoirement les vendeurs au vu de la somme que représente une telle quantité de résine de cannabis.

Rappelant les huit condamnations figurant au casier judiciaire du prévenu dont une en rapport avec les stupéfiants, il se dit persuadé qu’il a tout simplement fait appel à ses livreurs habituels et que ce n’est pas la première fois qu’il rentrait des stupéfiants au centre de détention. Selon lui, le prévenu n’est pas un simple petit soldat, mais le commanditaire.

Rappelant que les stupéfiants gangrènent dans le milieu carcéral avec toutes les dérives qui en découlent, et refusant que le centre de détention soit un lieu de non-droit et le terrain de jeu des trafiquants, il requiert une peine exemplaire de trois ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt.

À un an de sa libération

Me Virginie Goëlau pour la défense, demande que son client ne soit jugé que pour les faits pour lesquels il est cité. Pour elle, aucune investigation n’a été faite pour établir un quelconque trafic, et rien ne démontre que ce n’était pas la première fois qu’il introduisait des stupéfiants dans l’établissement. Elle explique que le prévenu a eu l’idée de ramener ce produit car il n’avait pas été fouillé lors de ses précédentes permissions.

Elle rappelle également qu’il était à un an de sa sortie, qu’il a toujours travaillé en détention et qu’il n’avait pas les moyens d’acheter une telle quantité de résine de cannabis. Ce dernier point est, pour elle, la preuve qu’il n’est pas le commanditaire et elle ajoute que ce ne sont jamais les trafiquants qui rentrent la drogue ou même qui la gardent dans leur cellule. Au vu de sa plaidoirie, elle demande que le tribunal voie à la baisse les réquisitions du ministère public.

Anthony Guillot est conduit à l’issue de l’audience à la maison d’arrêt de Caen par l’escorte de police pour y purger sa peine de trente mois d’emprisonnement.

Le Journal de l'Orne

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