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jeudi 4 août 2016

Intendance dépassée, détenus « excédés »

La tension monte dans plusieurs prisons d'Ile-de-France. Et cette fois, ce n'est pas la surpopulation carcérale qui est seule en cause, ni même les températures estivales, mais l'organisation de la cantine. 


Dans les prisons, ce terme désigne la possibilité pour un détenu d'acheter des produits de la vie courante, des cigarettes, de l'alimentation, des produits d'hygiène, des journaux et même du petit électroménager.



Mais depuis le changement de prestataire en janvier — le marché a été remporté par l'entreprise Gepsa — l'organisation montre des signes de faiblesses qui ont des répercussions importantes et inquiètent au plus au haut point plusieurs syndicats de surveillants.

Retards de livraison et erreurs de produits

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À la maison d'arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) par exemple, « les détenus sont excédés, menacent de ne plus remonter de cours de promenade, des salariés ne veulent plus porter les vêtements au logo de Gepsa de peur de se faire taper dessus », explique Pascal Caron, responsable de la section syndicale CGT de Gepsa.

En détention, les délais de livraison peuvent prendre des proportions importantes, surtout lorsqu'il s'agit de biens de premières nécessité. D'autant qu'avec le système de cantine, les commandes sont payables à l'avance.

Valse des directeurs, offre de 40 000 € de produits pour éviter l'émeute... Les exemples officieux pullulent pour décrire la situation.

Mais chez Gepsa, on offre une analyse plus tempérée et surtout plus rassurante. « Nous avons rencontré des difficultés au démarrage surtout, qui ont pu s'étendre pendant le premier semestre avec des retards de livraison de commandes et des erreurs de produits, du saucisson de boeuf livré à la place du saucisson de poulet par exemple. Mais nous travaillons à l'amélioration de la situation », tempère-t-on à la direction de Gepsa, qui gère 16 établissements en France.

La situation est si tendue que mardi matin encore, une réunion avait lieu avec l'administration pénitentiaire.

La situation n'est pas limitée à Villepinte mais touche d'autres établissements franciliens : Nanterre, Osny (Val-d'Oise) et Meaux (Seine-et-Marne), où la situation serait la plus préoccupante.

Le Gepsa a indemnisé certains détenus pour les produits qui n'avaient pas été livrés et, à Meaux, offert des paniers gratuits avec des produits d'hygiène. L'offre de produits est provisoirement plus restreinte pour permettre de mieux assurer les livraisons.

« On a passé un marché qui doit être appliqué strictement », commente l'administration pénitentiaire qui dit se montrer « très vigilante » sur ces dysfonctionnements et étudie des recours juridiques contre Gepsa.

Pour l'instant, il n'est pas encore question de révoquer le marché. L'administration pénitentiaire fait toutefois savoir qu'elle attend des signes concrets d'amélioration.

Le Parisien

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