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mercredi 10 août 2016

Terrorisme : un détenu radicalisé, fiché S, incarcéré en détention classique

Ce prisonnier est soupçonné d'avoir projeté un attentat à Lyon. Les surveillants réclament son isolement pour éviter "l'embrigadement" d'autres détenus.

Soupçonné d'avoir projeté un attentat, il est incarcéré au milieu des autres détenus.

Des surveillants de la prison de Bourg-en-Bresse (Ain) dénoncent mercredi le régime de détention classique d'un prévenu radicalisé, fiché S, soupçonné d'avoir projeté un attentat à Lyon, et réclament sa mise à l'isolement pour éviter « l'embrigadement » d'autres détenus.



Karim Bekhaled, 25 ans, incarcéré jusqu'à présent à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) dans l'attente de son procès, a obtenu la semaine dernière son transfèrement en Rhône-Alpes pour rapprochement familial, comme le rapporte le quotidien régional Le Progrès.

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Selon l'administration pénitentiaire, le suspect était placé en détention ordinaire à Fleury-Mérogis depuis septembre 2014. Il n'a été placé en quartier disciplinaire que deux semaines, après un refus de réintégrer sa cellule en juillet dernier, et mis seulement quatre jours à l'isolement dans l'attente de son transfèrement.

Dans l'Ain, « il a été placé mardi en cellule individuelle, mais en régime de détention classique. Il est donc parmi les autres détenus pour toutes les activités, le sport, la promenade..., avec tous les risques d'embrigadement que cela comporte », déplore Romain Bernier, secrétaire adjoint du syndicat Ufap-Unsa à Bourg-en-Bresse.

« Profil dangereux »

« On estime que, de par son profil dangereux, il ne devrait pas être au contact des autres détenus », poursuit-il en plaidant pour « de nouvelles structures adaptées à ces individus radicalisés ».

La prison de Bourg-en-Bresse comporte à ce jour un quartier d'isolement de 12 places. « C'est une situation qu'on ne peut pas gérer du point de vue de la sécurité, d'autant qu'il nous manque une soixantaine d'agents » (20, selon l'administration), ajoute le représentant du syndicat majoritaire dans ce centre pénitentiaire qui compte quelque 700 détenus, dont plusieurs signalés comme radicalisés ou en voie de radicalisation.

Les détenus avec ce profil « ont un suivi individualisé et sont particulièrement surveillés. Ils sont accompagnés par un conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation » (CPIP), souligne un porte-parole de l'administration pénitentiaire. Karim Bekhaled « a rencontré son CPIP avant-hier. Il est et restera affecté en cellule individuelle. Si son comportement s'avérait prosélyte, l'établissement prendrait les mesures ad hoc et il pourrait être placé en quartier d'isolement », a ajouté cette source.

Bourg-en-Bresse fait partie des 50 établissements pénitentiaires disposant d'une structure adaptée pour accueillir des personnes détenues radicalisées. La formation du personnel est en cours.

Suspecté d'avoir préparé un attentat dans la métropole lyonnaise

Karim Bekhaled avait été interpellé à Vaux-en-Velin, près de Lyon, le 16 septembre 2014, suspecté d'avoir préparé un attentat dans la métropole lyonnaise avec son frère Reda, ancien membre du groupe Forsane Alizza (« Les Cavaliers de la fierté », dissous en 2012), arrêté deux jours plus tard.

Trois autres frères Bekhaled - Mohamed, Farid et Rafik - avaient rejoint la Syrie en 2013. Interpol a diffusé trois mandats d'arrêt internationaux à leur encontre à la demande de la France. Un autre membre de la fratrie est mort en juin 2014 dans un attentat-suicide en Syrie.

Le député (LR) des Alpes-Maritimes Éric Ciotti a réclamé sur son site internet « l'isolement immédiat » du suspect et la fin des procédures de transfèrement administratif pour les personnes suspectées de terrorisme.

Le Point

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