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mardi 1 novembre 2016

Saint-Brieuc - Surpopulation, violences : la maison d'arrêt en surchauffe

Surpopulation carcérale, violences accrues, conditions de travail compliquées pour les surveillants : le rapport annuel d’activité pointe du doigt une situation de plus en plus tendue.

Surpopulation carcérale, violences accrues, conditions de travail compliquées pour les surveillants : le rapport annuel d’activité pointe du doigt une situation de plus en plus tendue.

Une maison d’arrêt saturée

Au 17 octobre, la maison d’arrêt de Saint-Brieuc, qui accueille des courtes peines ou des détentions provisoires, comptait 153 détenus pour une capacité théorique de 68 places. Soit un taux d’occupation de 225 %.



La construction d’un nouvel établissement, voire l’agrandissement de l’actuel, construit en 1903, ne sont pas à l’ordre du jour. L’administration pénitentiaire réclame à cor et à cri un numerus clausus, qui limiterait la surpopulation carcérale. « Pour l’instant, il n’existe que dans les centres de détention, note Thierry Besnard, adjoint au chef d’établissement. Dans les maisons d’arrêt, nous devons accueillir tous les détenus. »

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Alors, pour faire face à ce trop-plein et éviter d’installer des matelas par terre, l’administration pare au plus pressé, avec les moyens du bord : un troisième lit, superposé aux deux autres, a été aménagé dans certaines cellules. Trois détenus dans 9 m2. ! « Avec le lavabo et les toilettes, la place se fait rare. Il n’y a plus d’intimité. »

Une situation tendue

Bref, la maison d’arrêt de Saint-Brieuc est en surchauffe. Les surveillants - une douzaine en journée, quatre la nuit - ont le sentiment de maîtriser « de moins en moins » la situation. Notamment l’été, où les détenus, souffrant des effets de la chaleur et de la promiscuité, peuvent se montrer violents. « Il suffit d’un rien. Un désaccord sur un programme de télé peut entraîner un incident. »

Les procédures disciplinaires sont un bon indicateur du climat, derrière les hauts murs - six mètres - de cette prison. De 2011 à 2015, le nombre de détenus ayant comparu devant la commission de discipline est passé de 72 à 100. Et le nombre de sanctions est passé, pendant la même période, de 120 à 151. Les chiffres le prouvent : le personnel est en première ligne.

Plus du tiers des dossiers disciplinaires concernent « des violences contre les personnels », « des insultes et menaces à agents » ou « des actions collectives de nature à perturber l’ordre de l’établissement ». Les autres motifs entraînant des sanctions disciplinaires portent essentiellement sur « les détentions d’objets ou de substances illicites » (22 %) et sur « les violences entre codétenus » (13 %).

Les délits routiers, premier motif de détention

« Il n’y a pas de grands criminels à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc », affirme Thierry Besnard. En 2015, près du tiers des condamnés (30,7 %) le sont pour une peine inférieure à six mois. Et près de 58 % pour une peine courant jusqu’à deux ans.

Toujours en 2015, les motifs de détention à la maison d’arrêt étaient, dans l’ordre : la conduite en état alcoolique et les délits routiers (28 %), les violences (19 %) et les vols (18,5 %). Les viols (2,5 %) et les homicides (1,8 %) arrivent loin derrière.

Sur les 559 entrées enregistrées en 2015, 44 % des détenus avaient de 18 à 30 ans ; 26 % de 30 à 40 ans ; 19 % de 40 à 50 ans et 11 % étaient âgés de 50 ans et plus.

Le bracelet électronique : un moyen pour désengorger les prisons ?

Dans le jargon de l’administration pénitentiaire, on appelle cela le Placement sous surveillance électronique (PSE). Autrement dit, ce qu’on appelle familièrement le bracelet électronique. À Saint-Brieuc, 61 détenus (plus de 25 % des personnes écrouées) purgent aujourd’hui leur peine sous ce régime de liberté très surveillée.

De 2012 à 2015, le nombre de détenus placés sous surveillance électronique a régressé, passant de 75 à 48. Durcissement du régime carcéral ? Économies budgétaires ? Sans doute un peu des deux.

Ouest-france

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