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vendredi 4 novembre 2016

TOUL : 10 MOIS DE PRISON POUR LE DÉTENU AUTEUR DE LETTRES DÉLIRANTES

Il parle très lentement, articule à peine et il a beaucoup de mal à comprendre ce que la présidente Valérie Rossburger lui dit. Il lui demande même de parler plus fort quand elle rappelle son casier et pourquoi il comparaît.

Marc Petithuguenin, 48 ans, est incarcéré pour homicide au centre de détention de Toul depuis 2010 quand il s’est vu notifier une réduction de peine d’un mois et quinze jours « au lieu des trois mois auxquels il aurait pu prétendre ».



Deux mois plus tard, en septembre, 2016 il adresse une lettre effroyable de menaces recouverte de croix gammées et qui se termine par des expressions allemandes du 3e Reich à la juge d’application des peines.

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Extraits : « Je vais te séquestrer dans une grande forêt… Tu vas souffrir à petit feu. Et si ça ne suffit pas je ferai sauter le TGI de Nancy… Moi, je ne suis pas un mariole qu’on met en cage. Moi, je suis un homme qui tient parole même quand la parole est mauvaise. Moi, quand je vois rouge… » « Vous touchez l’allocation adulte handicapé ? », demande la présidente. « Oui je suis travailleur handicapé à plus de 80 % ». « Vous bénéficiez d’un suivi psychiatrique ». « Ah oui ! C’est obligé ! J’ai une lettre à remettre à la juge »

Mylène Farmer mon idole

« Je ne sais pas si c’est une bonne idée », coupe la présidente qui enchaîne avec son expertise psychiatrique qui parle de « distorsion relationnelle et comportementale développée dans une stratégie de manipulation », de son « intense blessure narcissique si on s’oppose à lui ». Selon l’expert, le prévenu demeure toutefois « pénalement accessible à la sanction ».

Marc en fait une autre lecture : « J’ai encore les idées claires malgré mes traumatismes crâniens ». D’ailleurs, le prévenu a très envie de lire. Il s’assied pour déchiffrer lentement le courrier qu’il a apporté, une lettre d’excuses « écrit au propre ». La salle est déserte. Les assesseurs roulent des yeux et les avocats se retiennent de rire.

Punaises de lit

Extraits : «… J’étais en pleine déprime. En prison, on perd patience et sa personnalité. Moi, j’adore les femmes surtout Mylène Farmer qui est mon idole. Je suis honnête, droit et pieux. Je n’ai jamais eu de rapport sexuel avec une prostituée… Je sortais du mitard et les punaises de lit m’ont rendu fou… Je me grattais la tête et mon sang coulait ».

Le procureur Jean Richert va requérir trois ans après avoir rappelé que les menaces sont « renouvelées », « précises », et tiennent dans « 4 pages remplies d’horreur qui font froid dans le dos ».

« Mon client n’a jamais vu la juge d’aplication des peines », plaide l’avocat du prévenu Alexandre Real. « Si la notification avait été signée du Père Noël, il aurait fait la même lettre au Père Noël et il l’aurait adressée au tribunal. Il avait une grande frustration et sa frustration lui a dicté cette lettre. Les expertises du Dr Bockel sont toujours d’une extrême complexité à comprendre. Il parle d’un manipulateur qui a besoin de soins… Mais il dit aussi qu’il n’a pas besoin de soins parce qu’il est manipulateur. Comprenne qui pourra ! Mon client n’est pas complètement bête mais il l’est suffisamment pour écrire une lettre totalement inacceptable ».

Et quand la présidente demande au prévenu s’il a quelque chose à ajouter, il insiste sur les punaises de lit : « Il faut qu’on m’enlève ce truc de ma tête ! ». Résultat : dix mois ferme.

L'Est Républicain

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