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jeudi 28 janvier 2016

Démission de Taubira: comment elle a échoué à réformer la prison

Le départ de la garde des Sceaux ne peut pas masquer son bilan médiocre: lutter contre la récidice sans réformer en profondeur les établissements pénitentaires ne pouvait donner aucun résultat.

C'était l'un de ses défis affichés, à sa nomination place Vendôme: Christiane Taubira voulait réformer les prisons. A son départ, ce mercredi, le constat est cruel: c'est raté.

Personne ne s'hasardait plus à prévoir son départ. Christiane Taubira ayant forcé l'admiration en avalant des couleuvres toujours plus grosses depuis son arrivée place Vendôme, la plupart des analystes la voyaient terminer le quinquennat auréolée d'un record de longévité à la tête de ce ministère très complexe.

Elle s'est fâchée avec les magistrats

Si Christiane Taubira veut demeurer l'icône de la gauche, elle doit se débarrasser au plus vite d'un bilan mitigé. Les Français ne la voient qu'à travers le prisme de la réussite du mariage pour tous, son courage et son éloquence face aux députés. Mais c'est là une victoire sociétale, non judiciaire.

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Sa principale réforme pénale a été adoptée en août 2014 avec deux ans de retard et une ambition ayant fondu comme neige au soleil. A raison, elle accuse François Hollande d'avoir refusé d'en faire une loi prioritaire. Elle a le tort de s'être mis à dos l'immense majorité des magistrats qu'il fallait convaincre de l'intérêt de son texte.

Une réforme pénale qui fait flop

La ministre de la Justice n'a pas su, ou pas voulu, démontrer aux juges l'intérêt d'une nouvelle sanction dite de "contrainte pénale", qui vient s'ajouter à de nombreuses mesures comme le sursis avec mise à l'épreuve. Les magistrats traînent la patte, car ils savent que les effectifs des services pénitentiaires d'insertion et de probation (Spip) ne sont pas suffisants pour suivre les condamnés.

Sur le front de la lutte contre la récidive, la réforme Taubira donc fait un flop, dix-huit mois après son adoption. Mais c'est surtout l'absence de transformation des prisons qui l'a privée de son succès: faire baisser la délinquance.

Prisons, écoles du crime

Quelques mois après avoir été nommée, Christiane Taubira déclarait dans une interview au Monde, avec une certaine audace, qu'en France, les prisons sont des écoles du crime. A cause de la surpopulation carcérale, à cause du manque de travail en détention, à cause d'un taux de sorties sèches (sans accompagnement) de 80%. Mais les prisons ont-elles changé depuis trois ans et demi?

Plus de surpopulation carcérale

C'est un triple échec. On attendait la gauche efficace pour mettre fin au scandale. Or, le nombre de détenus en surnombre a progressé de 10 640 en 2011 (dernière année pleine du quinquennat Sarkozy) à 13 054 en 2014 (dernière année pleine connue du quinquennat Hollande, selon les chiffres du chercheur Pierre Victor Tournier).

Christiane Taubira aurait dû associer la construction de places de prison à l'instauration d'un numerus clausus (en accélérant des sorties de détenus avec accompagnement et contraintes), comme le proposent ensemble Dominique Raimbourg, député PS, et Stéphane Jacquot, ancien secrétaire national UMP aux prisons, dans une interview à L'Express.

L'oisiveté, principale "activité"

Le travail en prison n'a pas été développé depuis 2012. L'oisiveté demeure la principale "activité" des détenus, ce qui ne favorise pas leur réinsertion, bien au contraire. Dans les cours de promenade, les condamnés passent une grande partie de leur temps à se donner des tuyaux pour améliorer leurs trafics illégaux... dès leur sortie.

Augmentation insuffisante des "Cpip"

Pas besoin d'être aux affaires pour savoir qu'il fallait d'urgence faire baisser le taux de 80% de sorties de prisons sans suivi...

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