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mardi 26 janvier 2016

Faire le facteur à la prison de Metz-Queuleu le conduit… en prison

Rendre service à un détenu peut signifier faire le facteur et balancer des petites choses dans la cour de la prison. Ça mène aussi… à l’intérieur !

Les "facteurs"  longent l’enceinte de la prison, passent l’entrée principale  et lancent. Mais il y a les caméras !    Photo Archives RL/Karim SIARI

Lundi, un jeune homme a été jugé en comparution immédiate pour jet de colis.

Il y a des missions qu’il est préférable de refuser de remplir, même quand c’est demandé gentiment. Faire le facteur-catapulteur, par exemple, avec pour cible la cour de la prison de Metz-Queuleu, est typiquement le service à ne pas rendre.

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Ce jeune Thionvillois l’a appris à ses dépens, lundi, devant le tribunal correctionnel de Metz qui le jugeait en comparution immédiate pour jet de colis.

Les juges l’ont condamné à quatre mois de prison ferme. Indulgence du tribunal : la peine sera aménagée en raison des études universitaires suivies par le détenu.

Mais sa carte d’étudiant ne l’a toutefois pas empêché de prendre la leçon, la présidente se refusant à croire que le prévenu de 21 ans ignorait totalement ce que contenaient les deux paquets, le 19 décembre dernier. Il avait pourtant bien tenté, dans l’une de ses nombreuses versions présentées aux policiers durant sa garde à vue, de privilégier la thèse… textile !

Apprenant ainsi au tribunal qu’il arrive souvent que les détenus manquent de vêtements. Le hic est la taille des colis, mis sous scellés et évidemment confisqués : celle d’un smartphone pour le premier, puisque c’est bien de cela dont il s’agissait, et celle d’un petit sachet de 37 g de cannabis pour le second !

Pas de quoi y loger une garde-robe donc, encore moins convaincre des magistrats.

Trop longtemps sur le gril, le Thionvillois finira par avouer avoir été approché par un individu, quelques jours avant les faits et au centre-ville de Metz, qui l’avait rappelé au bon souvenir de ses ex-camarades toujours en détention. Lui-même sorti depuis peu, il ne devait pas oublier qu’il avait pu bénéficier des services de quelques âmes charitables. « Sans cela, ma famille pouvait être la cible de représailles », a précisé le prévenu aux juges.

Ni une ni deux, il s’était donc organisé pour récupérer la marchandise du côté de Metz-Borny, faire scotcher les plaques d’immatriculation de sa voiture et embarquer un ami avec permis pour assurer une fuite rapide de l’équipage après le lancer de paquets. Il avait toutefois omis que, quand les agents de la pénitentiaire, aux aguets, sonnent les policiers, les projets de ce type capotent et on finit par se faire pincer.

Le complice, lui aussi Thionvillois, 22 printemps au compteur, a écopé de 60 jours-amendes à 10 €. Preuve n’ayant pas été faite que le duo connaissait le contenu des colis, il a été relaxé pour détention de stupéfiants.

Républicain Lorrain

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