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samedi 24 septembre 2016

Colmar - « Il y a urgence à bâtir une nouvelle prison »

Dans le cadre du débat actuel sur la surpopulation carcérale, la sénatrice socialiste Patricia Schillinger a visité les trois établissements pénitentiaires du Haut-Rhin. 

Une cellule de la maison d’arrêt de Colmar : trois détenus y dorment sur les trois lits superposés.Photo  L’Alsace

Elle a fini, hier, par la maison d’arrêt de Colmar qui accueille 45 à 65 détenus de plus que les 120 places prévues. La prison est par ailleurs très vétuste, mais l’ambiance y est « familiale ».



Le droit pour un détenu de disposer d’une cellule individuelle est inscrit dans la loi française depuis… 1875. Le pays est régulièrement pointé du doigt pour les mauvaises conditions de détention et le non-respect de la dignité humaine (à Colmar, un détenu avait entamé une démarche judiciaire pour dénoncer cet état de fait en 2012).

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Le débat récurrent sur la surpopulation des prisons est à nouveau posé ces derniers jours avec la déclaration du Garde des sceaux et du Premier ministre d’investir trois milliards dans la construction de 10 000 à 16 000 nouvelles places d’ici 2025.

Après Mulhouse en mai et Ensisheim en juillet, la sénatrice socialiste Patricia Schillinger a terminé, hier à Colmar, le tour des prisons haut-rhinoises. Elle répond ainsi au ministre de la Justice qui a incité les parlementaires à aller voir de près la situation pour faire remonter les problématiques.

Contrairement aux députés Straumann et Christ qui estimaient qu’il n’y avait pas péril en la demeure après leur visite de la maison d’arrêt de Colmar le 24 décembre 2012, Patricia Schillinger s’est dite « une fois encore choquée » tant par les conditions de détention que par les conditions de travail du personnel.

« Il y a urgence à bâtir une nouvelle maison d’arrêt », a-t-elle commenté en référence au projet de Lutterbach. Elle adhère donc à la volonté de construire du gouvernement (pourtant déjà critiquée par l’Observatoire national des prisons), tout en reconnaissant qu’il faudrait aussi investir dans l’humain et l’accompagnement. La socialiste prône également d’autres solutions que la prison pour de petites infractions : « Il y a des gens qui ne devraient pas être là. »

Vétusté, surpopulation, manque d’effectif, insécurité sont les principaux problèmes de la maison d’arrêt de Colmar. Le bâtiment, qui était au départ un couvent, date de 1316. Il est devenu une prison en 1919. Malgré quelques travaux d’entretien, comme les douches l’an dernier, les locaux restent très vétustes, les murs décatis, les plafonds parfois dégarnis…

La surpopulation est importante : la prison, prévue pour héberger 120 personnes, en reçoit généralement entre 170 et 180. Hier, il y avait 164 détenus. À partir de 175, il est nécessaire d’installer des matelas au sol, comme cet été et en début d’année : « On est allé jusqu’à douze matelas à un moment où il y avait 185 détenus », indique un agent. Les personnes sont logées à trois dans des cellules de 12 m² prévues pour deux ou dans deux dortoirs de huit places.

Fort absentéisme

57 personnes travaillent à la prison dont 41 surveillants en théorie (la nuit est gérée par quatre agents). Selon la responsable du personnel, il manque quatre postes, du fait d’un fort taux d’absentéisme.

« Actuellement, j’ai 10 à 12 absents ; c’est exceptionnel, mais le problème est constant. » Si l’on ajoute l’augmentation importante des temps partiels, cela contraint les agents présents à effectuer de très nombreuses heures supplémentaires. « Il y a sept ans, on en faisait 90 maximum par an, aujourd’hui, ça peut dépasser les 500 », raconte un agent.

Une vraie spirale infernale puisque l’administration ne permet que 108 heures supplémentaires par trimestre ; le reste, non rémunéré, devant être rattrapé un jour, quand il y aura assez de monde… « On rappelle les gens qui travaillent sans être payés, cela marche à la bonne volonté », conclut la responsable.

Autre spécificité colmarienne : la part importante de personnel féminin. « On en a 50 % » , explique le directeur Philippe Bruniau. Qui indique que cela pose problème dans la constitution des équipes, les femmes ne pouvant, par exemple, pas faire de fouille.

L'Alsace

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