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mardi 17 janvier 2017

A Villepinte, des détenus mettent en place des débats pour lutter contre la radicalisation 

Depuis un an, dans la prison de Villepinte, une dizaine de détenus a décidé de créer des débats avec des experts de la société civile pour lutter contre la radicalisation.

Une façon de répondre aux attentats et d'agir à leur niveau contre le prosélytisme.

"Contrairement à ce qu’on pourrait penser l’onde de choc que les attentats ont provoqué ne s’est pas arrêtée aux portes de la prison.


Elle est même rentrée à l’intérieur". L'un des détenus à l'origine de l'initiative explique comment est apparue l'envie de créer des conférences débats pour ouvrir le dialogue avec des codétenus écroués pour terrorisme.

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Au lendemain du 13 novembre 2015, l'idée est née de la "colère, de l'indignation et de l'incompréhension", résume un autre prisonnier.

"On voulait savoir pourquoi et comment des jeunes issus des mêmes quartiers que nous, de la même culture que nous se retrouvent dans des terrains de guerre avec des histoires pas possibles. On voulait justement ouvrir le dialogue et faire le pont entre les détenus normaux et les détenus incarcérés pour des affaires de terrorisme, dans une salle, avec des intervenants compétents. On voulait avoir un bon débat", poursuit-il.

"Une prise de conscience"

Un projet auquel "tout le monde a adhéré parce que l’idée est venue de nous, les détenus", même les détenus les plus radicalisés. D'ailleurs le personnel pénitentiaire vient simplement encadrer ces séances d’échange, sans jamais intervenir. Les prisonniers s’occupent eux-mêmes de contacter les intervenants qu’ils choisissent au gré des émissions de télévision qui passent sur le sujet.

L'un des détenus se souvient d'un moment fort qui l'a conforté sur le bien-fondé de cette initiative:
"Je me rappelle qu’une fois Latifa Ibn Ziaten (la mère d'un soldat tué par Mohamed Merah en 2012, NDLR) était venue. Il y avait des détenus qui étaient là pour des faits de terrorisme qui ont pris sa défense en disant non on n’a pas le droit de dire certaines choses parce que c’est une mère avant tout. Alors je me suis dit qu'il y avait peut-être une prise de conscience grâce à nous", se remémore-t-il .
Comme les détenus, l'administration note également une évolution au fur et à mesure des conférences.

"Ce qui est important de savoir c’est que certains détenus ne souhaitaient pas du tout rentrer en communication avec l’administration. Aujourd’hui, ils sont demandeurs d’autres conférences, d’autres activités. De ce point de vue-là c’est une réussite même si toute les problématiques ne sont pas résolues", nuance néanmoins Léa Poplin, la directrice de la Maison d’arrêt de Villepinte.
Une initiative exportable seulement si la démarche est authentique

L'expérience pourrait s'exporter à d'autres établissements notamment grâce à Sarah Mauger Poliak, une avocate qui précise que dans les prisons de Fresnes et d'Osny, "plusieurs dizaines de détenus ont envie d'agir à leur niveau".

Cet optimisme est cependant pondéré du côté de l'administration de la prison de Villepinte et ses résidents. Selon eux, les conférences-débats ne pourront fonctionner ailleurs que si ce sont des prisonniers qui portent l'initiative. Un point sur lequel les rejoint Marie-Rolande Martins, directrice du service insertion probation du 93, pour qui "l'initiative s'est pérennisée parce qu'il y avait beaucoup d'authenticité dans la démarche"...

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