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vendredi 6 janvier 2017

Orléans-Saran : Jean-Pierre Sueur mouille la chemise pour la prison

Le sénateur du Loiret Jean-Pierre Sueur est venu rencontrer la délégation syndicale du CPOS (Centre pénitentiaire d’Orléans-Saran), en vue de remettre un courrier au ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas.


Suite à une prise d’otage le 1er janvier, et deux suicides dans une cellule le 28 décembre dernier, les surveillants ont entamé une grève jeudi 5 janvier à partir de 6 heures du matin.


Ils réclament d’urgence plus de sécurité, pas de détenus supplémentaires dans une prison déjà en surpeuplement, et d’urgents travaux de réhabilitation des deux bâtiments inondés en juin dernier.

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C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, pour les surveillants du Centre pénitentiaire d’Orléans-Saran (CPOS).

Après les inondations de deux bâtiments sur trois (fin mai, début juin 2016), deux suicides en cellule le 28 décembre dernier, et une prise d’otage avec agression d’un personnel de santé le 1er janvier, l’intersyndicale avait décidé de se mettre en grève jeudi 5 janvier, à partir de 6 heures du matin.

« La journée d’aujourd’hui était identique à un week-end », indique Alexandre Dupré, secrétaire local de l’Ufap (syndicat de surveillants pénitentiaires). C’est-à-dire en sous-effectif, pour faire simple. Le sénateur (PS) Jean-Pierre Sueur a été envoyé fissa à l’intérieur des murs de ce centre pénitentiaire pourtant tout neuf (inauguré en juillet 2014 par la ministre de la Justice d’alors Christiane Taubira), mais qui accumule les difficultés.

156 % de surpopulation carcérale

Lors de l’épisode d’inondations du printemps dernier, deux bâtiments sur les trois que compte cet équipement a eu les pieds dans l’eau (1,50 à 1,80 m dans les cellules du rdc), obligeant le transfert en urgence d’environ 120 détenus. La cause ? La Retrève, rivière souterraine dont les études préalables à la construction de cette prison avaient probablement sous-estimé le pouvoir de nuisance.

Aujourd’hui, malgré un seul bâtiment encore « habité », c’est la surpopulation carcérale qui règne : 326 détenus pour 210 places, « 15 détenus dorment actuellement sur un matelas posé à même le sol », explique le délégué régionale FO, venu exprès de Châteauroux pour participer à cette réunion de travail avec le sénateur. « Et ce soir nous avons un mandat de dépôt en plus », s’inquiète à juste titre Ludovic Grégis secrétaire local FO.

“On a perdu toute autorité”

La prison d’Orléans – Saran est une sorte de grand vaisseau sans capitaine, ou presque. L’ancien directeur est parti à l’Administration centrale pénitentiaire, l’intérim est assuré par M. Nicolas, en attendant lundi 9 janvier l’arrivée de l’actuelle directrice de la prison de Nancy, mais qui ne sera à Saran que directrice adjointe… en attendant un nouveau directeur. Mais quand ? C’est ce qu’aimeraient bien savoir rapidement les surveillants du CPOS, et Jean-Pierre Sueur aussi, qui a promis l’envoi d’un mail dès le soir du 5 janvier au ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, dans lequel il fera remonter les revendications des syndicats. Un directeur, pas de détenus supplémentaires en attendant la réouverture des bâtiments dégradés par les inondations, et plus de sécurité au sein même du CPOS.

« On a perdu toute autorité », se lamente Christelle Gaudicheau, surveillante et trésorière syndicale Ufap. « La surpopulation met en péril la sécurité. Quand il y a trois détenus dans une cellule, au moment où vous ouvrez la porte, il y a danger », ajoute-t-elle. « Il nous faut retrouver une situation où deux surveillants sont systématiquement en binômes au moment des ouvertures de portes : pas isolés ».

Lors de la prise d’otage du 1er janvier – qui aurait pu très mal tourner – « les personnels ont eu une réaction très professionnelle », constate Jean-Pierre Sueur au récit de la prise d’otage, qui s’est déroulée à l’UHSA (Unité hospitalière de spécialement aménagée), unité où sont soignés les détenus à problèmes psychiatriques.

« Le problème, c’est que d’un côté, ce sont des patients, de l’autre des détenus », précise Jean-Martin Neiter, secrétaire local CGT, qui a assisté à la prise d’otage. « Ça ne facilite pas le travail… ».

Sur le sujet santé, Carole Rioche, de Sud Santé réclame aussi des effectifs supplémentaires (actuellement 3 infirmières en mois sur les 9 prévues et une seule aide-soignante sur deux) et surtout un CHSCT (Comité d’hygiène et de sécurité) qui a pour l’instant été refusé. « Comme une réaction de la direction du NHO (Nouvel hôpital d’Orléans) dont nous sommes sans nouvelles… ».

Une réhabilitation très attendue

La question de la réhabilitation des bâtiments endommagés par les inondations est aussi dans la boîte mail du ministre à l’heure où l’on écrit ces lignes. « Je veux savoir comment ont été faites les études », s’interroge le sénateur J.P Sueur, « car je ne souhaite pas que ça recommence dans un, deux ou même cinq ans », s’indigne-t-il. « Je demande des études sérieuses ! ».

Pour le moment, seul le bassin de rétention a été renforcé, et des pompes hydrauliques ont été installées. « Mais attention », prévient Alexandre Dupré, « à la réouverture, il faudra les effectifs nécessaires, soit 30 surveillants »...

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