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mardi 10 janvier 2017

Cascades d’assassinats et massacres dans les prisons du Brésil

Trois massacres en moins d’une semaine, liés à une guerre entre deux factions criminelles, ont fait près de 100 morts au Brésil dans deux prisons du nord du pays.

À la prison de Manaus dimanche 8 décembre, des proches de détenus attendaient des informations après la mort de plusieurs d’entre eux.

Les mauvaises conditions de détention et la surpopulation carcérale sont pointées du doigt.
Chaque jour semble apporter une nouvelle preuve de la violence dans les prisons brésiliennes.


Dimanche 8 janvier, au moins quatre détenus ont été assassinés, la plupart décapités, dans une prison de Manaus, en Amazonie, et trois corps de détenus précédemment tués ont été retrouvés. Cela porte à une centaine de morts le bilan d’une semaine de violences carcérales dans ce pays.

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La prison de Manaus avait déjà été le lieu d’événements dramatiques, lundi 2 janvier, qui avaient fait 56 morts dont plusieurs par décapitation.

Quatre jours plus tard, le massacre du pénitencier de Monte Cristo, dans l’État du Roraima, dans le nord du pays, au cours duquel 33 détenus ont été assassinés, a mis de nouveau tristement en lumière les graves dysfonctionnements du système carcéral brésilien.

Ces carnages ne sont pas des cas isolés : 372 détenus ont été tués dans les prisons brésiliennes en 2016. Dans de nombreux cas, il s’agit de règlements de comptes entre gangs rivaux.

Cette dernière série, qui fait suite à une autre cascade d’assassinats en octobre – elle avait fait 18 morts dans trois prisons différentes, dont celle de Monte Cristo –, serait la conséquence de la rupture en 2016 d’un accord fragile entre les deux grandes factions criminelles rivales brésiliennes, le puissant Primeiro Comando da Capital (PCC), originaire de São Paulo, et le Comando Vermelho (CV) originaire de Rio.

La population carcérale a explosé

Le gang Familia do Norte (FDN) allié du CV est à l’origine du premier meurtre de 56 détenus, quasiment tous issus du PCC.

Tout porte à croire que le deuxième massacre, celui de Monte Cristo, encore plus barbare que le premier, est une vengeance du PCC, mais le gouvernement cherche à minimiser cette version. « Nous n’avons pas perdu le contrôle de la situation », a voulu rassurer vendredi 6 janvier le ministre de la justice Alexandre de Moraes. Il s’agit selon les autorités d’un « règlement de comptes internes au PCC », les membres du CV ayant été transférés après les événements d’octobre.

« L’État doit reprendre, urgemment, le contrôle des prisons qui sont sous la coupe du crime organisé », a pressé, après les massacres, l’Ordre des avocats brésiliens (OAB). La population carcérale a explosé ces dernières années, passant de 232 000 en 2000 à 622 000 en 2014, alors que le nombre de nouvelles places n’a pas augmenté proportionnellement : le taux d’occupation atteint ainsi 167 % (contre 117 % en France, loin d’être un modèle en ce domaine).

« La prison est un producteur de criminalité »

Une surpopulation couplée à des conditions de vie et d’hygiène souvent déplorables qui favorisent les tensions et la prise de pouvoir par certains groupes criminels. Un détenu brésilien a 60 fois plus de chance d’être infecté par le HIV qu’un homme libre, et 40 fois plus par la tuberculose.

Dans certains établissements, face à des gardiens dépassés, parfois corrompus, ce sont ainsi ces factions qui font la loi, qui distribuent les faveurs, rackettent les détenus pour l’accès aux visites ou à des services basiques, punissent selon des codes, souvent barbares, qui leur sont propres.

C’est aussi dans les pénitenciers, où les grands bandits côtoient les petits voleurs, voire des détenus qui n’ont même pas été jugés (40 % des prisonniers au Brésil sont en attente de jugement), que ces gangs recrutent. « La prison est un producteur de criminalité, de violence, de torture », dénonçait après le massacre de Manaus, le père Gianfranco Graziola, le vice-président de la pastorale carcérale brésilienne, qui milite pour la fin de l’enfermement systématique.

Cinq nouvelles prisons, une goutte d’eau

« Le PCC est le produit de l’emprisonnement de masse à São Paulo, et le CV le fruit du remplissage des prisons de Rio », abondait le sociologue Renato Sergio de Lima dans le magazine Carta Capital, vendredi.

Après un silence de trois jours très critiqué après le massacre de Manaus, le gouvernement de Michel Temer a annoncé la construction de cinq nouvelles prisons permettant d’accueillir 1 000 détenus au total. Une goutte d’eau, ont tout de suite dénoncé les observateurs, puisqu’il manque 250 000 places.
Michel Temer a rencontré samedi 7 janvier la présidente de la Cour Suprême Carmen Lucia pour tenter de trouver une solution à la crise. « La gravité des faits convoque la responsabilité maximum des institutions », avait-elle réagi dans la Folha de São Paulo.

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Un phénomène répandu en Amérique latine

2012.
En juillet, 28 détenus ont péri au cours d’une mutinerie à Merida au Venezuela. Le 20 août, près de Caracas au Venezuela, au moins 25 personnes sont tuées et 43 blessées lors d’affrontements entre gangs.

2013.
En janvier, à Uribana, au Venezuela, une mutinerie déclenchée à la suite d’une inspection pour
rechercher des armes, cause la mort d’au moins 58 personnes.

2016.
Le 11 février, à Monterrey, au Mexique, des affrontements entre clans rivaux d’un même cartel font 49 morts. Le 3 mars, à Georgetown, au Guyana, 16 détenus sont tués. Le 19 juillet, au Guatemala, une mutinerie fait 13 morts et 10 blessés.

La Croix

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