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mardi 20 décembre 2016

Bois d'Arcy - Scandale à la prison : sexe, drogue et corruption

Une infirmière et trois détenus de la prison ont été placés en détention provisoire, accusés de trafic de drogue et de corruption.

L'infirmière est accusée d'avoir fait entrer des objets interdits<br />
dans la maison d'arrêt de Bois-d'Arcy. (Archives) -

Le visage en partie cachée par ses longs cheveux, Morgane entre dans le box. Derrière ses lunettes aux montures blanches, cette infirmière de 39 ans n’en mène pas large.


Face aux juges, elle doit répondre de corruption passive, d’un trafic de stupéfiants mais également d’avoir fait entrer des objets dans la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy. Le problème est qu’elle travaille là-bas. À ses côtés, trois détenus, véritables taulards au long court.

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Ce vendredi 16 décembre, c’est un procès pour le moins inhabituel qui s’est ouvert à Versailles. Celui d’un véritable scandale qui a germé tout au long de la semaine pour finalement éclater en comparution immédiate.

« Je voulais améliorer son quotidien »

Morgane a été arrêtée le lundi 12 décembre par les policiers de Plaisir. Ils avaient été saisis en septembre par l’administration pénitentiaire. Suite à une fouille des cellules, elle soupçonnait Morgane d’entretenir une relation particulière avec un détenu, un certain Yann, 37 ans et 17 condamnations au compteur.

En la mettant sur écoutes, les fonctionnaires ont d’abord noté des appels réguliers entre les deux. Ils ont rapidement compris le petit manège qui tournait dans la prison.

Yann réussissait à la persuader de lui fournir des téléphones portables, du cannabis, de l’alcool, des produits alimentaires et même de la créatine. Cette protéine permet d’augmenter la masse musculaire et la puissance.

En garde à vue, Morgane explique avoir eu une relation sentimentale et sexuelle avec Yann.

C’est ce ressort qui l’aurait poussée à franchir la ligne rouge. « Je voulais améliorer son quotidien », a-t-elle soufflé.

Elle a assuré avoir cessé, ayant pris conscience que ces cadeaux alimentaient un trafic derrière les murs. Les téléphones, par exemple, étaient revendus près de 400 euros. Chez elle, la perquisition a permis d’en saisir onze, ainsi que de la drogue marquée au nom d’un détenu. Elle se fournissait d’ailleurs à Saint-Cyr-l’Ecole et Fontenay-le-Fleury.

« J’ai été manipulée, utilisée »

Face aux juges, Morgane a demandé un délai pour préparer sa défense. « J’ai été manipulée, utilisée. Je suis incapable de dire pourquoi j’ai fait cela ces quatre derniers mois. J’ai eu des sentiments, c’est certain. J’accepte pleinement de répondre devant la justice. Mais j’ai aussi trois enfants », fait valoir celle qui travaille depuis trois ans au sein du service médico-psychologique. Et qui est également spécialisée en addictologie. Le regard éteint de toute affection, mais animé d’une certaine animosité, Morgane regarde Yann.

Lui préfère ne rien dire. Son voisin dans le box, 13 condamnations, l’affirme : « Je n’ai rien à voir avec cette histoire. Je suis juste son codétenu. » Hamdi, le dernier soupçonné d’avoir participé au trafic, 26 procès perdus, n’en dira pas plus.

« Elle était amoureuse. Maintenant, elle est malheureuse. »

Le procureur de la République prend la parole. Pour lui, la route à suivre est droite et éclairée. « Les trois messieurs détenus resteront en prison où ils purgent déjà une peine. Mais il est de la responsabilité de la justice de les séparer les uns des autres. Pour madame, je demande également une incarcération. D’abord pour mettre fin à l’infraction car elle a abusé de sa fonction, en pleine conscience. Ce comportement est inacceptable. Ensuite parce qu’elle risque des pressions. Et enfin pour la protéger. »

L’avocate chargée de la défense de Morgane a plaidé sur sa situation familiale, son rôle de mère, son implication dans l’éducation de ses trois enfants. « Elle a fait une grave et première erreur. Elle le reconnaît. Elle était amoureuse. Maintenant, elle est malheureuse. »

Des complicités ?

À l’issue de l’audience, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au vendredi 13 janvier. Les quatre prévenus, dont l’infirmière, ont été placés en détention provisoire...

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