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lundi 26 décembre 2016

Pourquoi les femmes tombent-elles amoureuses des tueurs en série ?

La tête de Landru a fini tranchée dans un panier d'osier, mais les femmes s'arrachaient son cœur.

Pourquoi les femmes tombent-elles amoureuses des tueurs en série ?

Comme d'autres sont devenues folles de Guy Georges, Patrice Allègue ou Michel Fourniret. Les tueurs en série ont leurs groupies.


Les portes du palais de justice de Versailles, pour le procès de Landru, en novembre 1921, s'ouvraient à chaque audience sur des scènes d'hystérie. Avec, parmi la foule avide, des femmes venues lui crier leur amour. Henri-Désiré Landru croulait sous les propositions de mariage avant même le premier jour de son procès. Il en a reçu 400 en quatre ans passés en prison.

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Irrésistible Landru : lorsqu'il a été arrêté, il vivait avec Fernande Segret, qui, devant les gendarmes, a d'abord assuré qu'il avait tenté deux fois de l'empoisonner. Tout en restant finalement à ses côtés au tribunal, sûre de son innocence...

Fidèle Fernande : elle s'est suicidée, cinquante ans plus tard, en se jetant dans les douves du château de Flers (Orne). C'était le 21 janvier 1968, le jour anniversaire de la demande en mariage que lui avait faite Landru. Et dans la chambre de Fernande, on n'a retrouvé que deux photos : celle de sa mère et celle de... Landru !

«  Elles trempaient leurs mouchoirs dans le sang »

Grotesque ? Choquant ? Non, récurrent. D'ailleurs, si on ne guillotine plus en public en France, c'est aussi à cause du comportement de certaines femmes vis-à-vis des criminels.

Le dernier homme à avoir le cou tranché, c'était encore à Versailles, le 17 juin 1939, rappelle Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série :  « Eugène Weidmann, auteur de six assassinats, a bien été le dernier guillotiné en public, en France, à cause des scènes d'hystérie des femmes. Elles trempaient leurs mouchoirs dans le sang des exécutés, croyant se rendre plus fertiles... »

« Je l'attendrai. Je sais que ce qu'il a fait, c'est horrible. Mais je dois être là. »

La fin des exécutions publiques n'a pas endigué le phénomène des femmes amoureuses de tueurs. A l'image de Laurence, originaire de l'Allier, âgée de 38 ans, qui n'a connu Patrice Alègre que trois mois avant son arrestation. Il purge une peine de réclusion criminelle à perpétuité depuis 1997, pour cinq meurtres et six viols. Elle est venue habiter près de sa prison, dans l'Allier, et remue ciel et terre pour avoir un permis de visite :  « Je l'aime. Je veux l'épouser ».

Ce n'est pas de la fascination malsaine, assure-t-elle, « c'est de l'amour, juste de l'amour ». Il aura plus de 60 ans quand il sortira de prison : « Je l'attendrai. Je sais que ce qu'il a fait, c'est horrible. Mais je dois être là. »

Au début de leur rencontre, « ce n'était alors qu'un ami, mais je ne l'ai pas quitté malgré tout ». Ils se sont écrit. Et en prison, les détenus peuvent téléphoner. « Il m'appelle tous les jours. Il m'envoie des cadeaux, me fait livrer des fleurs. Il est adorable avec moi, c'est l'homme de ma vie. Alors, quand il m'a fait sa demande en mariage, je lui ai envoyé une bague de fiançailles ».

Des dizaines de lettres d'amour

Les surveillants de la prison ne sont pas surpris. Un autre de leurs célèbres pensionnaires a le même succès. C'est Guy Georges. Une vingtaine de victimes dans les années quatre-vingt-dix, et pourtant des dizaines de lettres d'amour  lui arrivent chaque semaine à la prison, s'étrangle un surveillant : « Et des parloirs intimes avec cette grande blonde toujours tirée à quatre épingle, docteur en droit, qui faisait ses mille bornes tous les quinze jours pour le voir. Guy Georges avait encore assez de perversité et de cynisme pour l'afficher comme un trophée à ses co-détenus, que cela rendait furieux ».

Du people !

« On compte environ quatre-vingts tueurs en série incarcérés en France, estime Stéphane Bourgoin. La plupart ont ces contacts ». Qui sont-elles, ces femmes fascinées par ces grands criminels ? Que veulent-elle ? Du people !

Elles savent qu'elles ne pourront pas approcher Johnny Hallyday ou Patrick Bruel, alors elles se tournent vers d'autres personnalités qui ne demandent que ça, d'être admirées.

Il y a deux autres catégories, ajoute Stéphane Bourgoin. D'abord, les femmes qui trouvent là l'occasion de mettre en œuvre leur instinct maternel. Elles se disent qu'elles seules ont vu l'homme derrière le criminel, et elles pensent qu'à leur contact il va s'amender.

« Le "tueur en série", c'est son autre vie. Moi je connais Patrice, l'homme »

L'amoureuse de Patrice Alègre rentre dans cette catégorie: « Je sais que les gens peuvent avoir du mal à comprendre, mais l'amour, ça ne s'explique pas », dit Laurence. Pas plus qu'elle ne peut contrôler sa gaieté juvénile quand elle parle d'Alègre: « Celui que moi je connais. Le "tueur en série", c'est son autre vie. Moi je connais Patrice, l'homme ».

Laurence est-elle tombée dans ce que Bourgoin appelle « le premier des pièges de ces tueurs et violeurs en série, incapables d'une relation sincère, manipulateurs, qui cherchent à avoir l'autre sous leur emprise » ?

«  Cette fascination pour la puissance sexuelle sous-entendue dans leurs crimes »

Il y a celles, enfin, qui les voient comme des hommes extraordinaires, hyper-intelligents et cultivés, hyper-puissants, un peu à l'égal de Dieu, comme Hannibal Lecter.

« Et il ne faut pas se leurrer, assure Bourgoin, il y a aussi cette fascination pour la puissance sexuelle sous-entendue dans leurs crimes ».

Alègre a « raté le début de sa vie, dit Laurence. Mais c'est un être humain, il a droit à une seconde chance ». Elle grimace, puis retrouve aussitôt son sourire béat et son intonation juvénile : « C'est vrai, je suis comme une gamine de 15 ans qui aime à en mourir », Les tueurs en série tuent aussi des gamines de 15 ans.


Quand l'amour pousse au crime

Parfois, l'avenir de ces femmes qui souhaitent vivre avec des psychopathes que rien ni personne ne peut changer, se confond avec le chemin du criminel.

Sur les soixante-sept serial killers que Stéphane Bourgoin a rencontrés dans le monde en trente ans (*), les trois-quarts de ceux qui lui ont parlé sincèrement ne lui ont pas caché qu'ils recommenceraient s'ils sortaient.

Monique Olivier, tombée amoureuse de Michel Fourniret, savait qu'elle jouait avec le feu...

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