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vendredi 9 décembre 2016

Gard : condamné à 12 ans de prison pour avoir transmis le virus du sida à sa compagne

Un homme a été condamné à 12 ans de réclusion pour avoir transmis le virus du sida à sa compagne, il y a onze ans.

Un homme, jugé en son absence par la cour d'assises du Gard pour avoir transmis le virus du sida à sa compagne, alors âgée de 16 ans, à qui il avait caché sa séropositivité, a été condamné jeudi à 12 ans de réclusion criminelle et un mandat d'arrêt a été délivré contre lui.


La présidente de la cour d'assises, Geneviève Perrin, et ses deux assesseurs, ont rendu leur verdict après une heure de délibéré. A l'ouverture des débats, constatant l'absence de l'accusé, Rui Filipe Da Rocha de Sousa, âgé de 39 ans, Mme Perrin a décidé de juger l'affaire selon la procédure de défaut criminel, sans jurés, ni témoins, ni experts.

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L'avocat général, Michel Desplan, avait requis quinze ans de réclusion criminelle, estimant «que c'était la peine que Rui Filipe Da Rocha de Sousa méritait au regard de la procédure, des faits qui lui sont reprochés, de son passé judiciaire et de son absence devant la cour d'assises et surtout devant la victime». Il avait également demandé un mandat d'arrêt contre l'accusé, qui était poursuivi pour ««administration de substance nuisible suivie de mutilation ou infirmité permanente par une personne étant ou ayant été concubin et avec préméditation».

Elle dépose plainte pour éviter «que quelqu'un d'autre vive ça»

«Je n'avais pas les cartes en main, personne ne veut être malade volontairement, même par amour», a glissé à la barre, des larmes dans la voix, Vanessa, une grande femme mince et brune, âgée de 27 ans. Quelques mois après voir débuté une relation avec Rui Filipe Da Rocha de Sousa en 2005, alors qu'elle avait 16 ans et lui 28 ans, elle avait été alertée par le frère de ce dernier de sa séropositivité. Les analyses réalisées en mars 2006 avaient révélé sa contamination récente par le VIH, mais elle avait continué à avoir des relations sexuelles non protégées avec son compagnon jusqu'à leur séparation quand elle était enceinte de trois mois.

«Pour lui, c'était comme une grippe, ce n'était pas grave» grâce au traitement, a-t-elle ajouté, précisant qu'elle avait compris la gravité de la maladie avec sa grossesse. La jeune femme a décidé de déposer plainte en 2010, puis en 2012 parce quelle ne voulait pas «que quelqu'un d'autre vive ça». «A 15 ans, on rêve d'amour, on rêve de trouver l'homme idéal, elle a trouvé un véritable enfer, celui qui a en partie détruit sa vie», a regretté son avocate, Me Laurence Bourgeon.

Lors de son audition par une juge d'instruction, Rui Filipe Da Rocha de Sousa avait affirmé que son amie connaissait son état de santé et qu'ils n'avaient pas utilisé de protection en pleine conscience.

Toxicomane depuis l'âge de 13 ans, sa séropositivité avait été dépistée quand il avait 25 ans et il bénéficiait d'un suivi médical, d'abord au Portugal, son pays d'origine, puis en France où il est arrivé peu de temps avant de rencontrer Vanessa. «Il n'a jamais dit qu'il voulait volontairement lui inoculer le sida, l'intention morale n'y est pas», a estimé Me Euria Thomasian, l'avocate de Rui Filipe Da Rocha de Sousa...

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