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samedi 10 décembre 2016

Prison de Besançon : le lancer de colis sauvages, un «sport» quotidien

Chaque jour, des dizaines et dizaines de colis sont projetées au-dessus des murs de la maison d’arrêt de Besançon. Un manège connu, mais qui s’aggrave et inquiète le personnel pénitentiaire.

Une silhouette en contrebas du mur d’enceinte. Une personne s’apprête à jeter un colis destiné à un détenu.  Photo Arnaud CASTAGNÉ

Il faut le voir pour le croire. « Des scènes ubuesques », en convient la directrice Céline Jusselme. Chaque jour, environ 40 colis parfois lestés de cailloux (ou de tête de marteau !) sont projetés depuis la rue, au-dessus des murs d’enceinte de la maison d’arrêt de la Butte.


Un chiffre qui approche la centaine le week-end venu. « Avenue Georges-Clémenceau, ils vont jusqu’à bloquer la circulation pour lancer tranquillement, c’est impressionnant », prolonge-t-elle.


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De jour. De nuit. De tout. « De l’argent liquide, des cigarettes, de la drogue, des bouteilles d’alcool (préférence marquée pour la vodka), des kebabs encore chauds, des couteaux… », énumérait l’un des gardiens qui, jeudi, bloquaient symboliquement l’entrée de la prison en guise de protestation ( notre édition d’hier ).

Un cran d’arrêt a été retrouvé il y a peu. Les lames en céramique, indétectables sous les portiques, sont par ailleurs appréciées. « Un jour, même une grenade pourrait passer », imagine un maton.

Ce « fléau » - terme utilisé par Céline Jusselme - n’est ni récent, ni spécifique à Besançon. Mais la rafale de ces projections va en s’intensifiant. « Au départ, ces colis étaient envoyés pour améliorer le quotidien des détenus. Sauf que quand ce quotidien se lie à une économie souterraine source de violences, ça devient problématique », constate la directrice.

Par peur des sanctions, les destinataires des colis envoient « les plus faibles » au front, pour tenter de les récupérer. On s’en doute, un règlement de comptes entre détenus « armé » n’aura pas les mêmes conséquences. Pire, le risque d’agression des gardiens augmente.

« Quand on fait face à un détenu, on ne sait pas s’il est armé ou non »

Entre les murs, le mal-être du personnel grandit. « On ne sait pas toujours ce qui se trame dans notre dos. Quand on fait face à un détenu, on ne sait pas s’il est armé ou non », grimace Nicolas Rahon, secrétaire local du syndicat UFAP.

« Si on avait réussi à trouver la solution, on l’aurait appliquée à toutes les prisons de France », répond Céline Jusselme. Avec une difficulté supplémentaire pour celle de Besançon, qui la rend plus vulnérable encore : sa position en plein centre-ville. La mise en place de filets de protection ralentit la mécanique, mais ne l’enraye pas.

Jeudi, les agents réclamaient une meilleure sécurisation des promenades, le syndicat UFAP évoquant la possibilité de fouilles plus systématiques. « Il y a une marge de manœuvre, il faut se donner les moyens, mais la prison, c’est un équilibre à trouver. L’organisation de fouilles intégrales générerait d’autres problèmes », nuance la directrice...

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