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mercredi 14 décembre 2016

Prison de Fresnes - Un usage « banalisé des violences » par le personnel

C’est le constat de la contrôleur générale des lieux de privation de liberté, à la prison de Fresnes. Elle dénonce le recours aux violences comme mode de gestion des détenus, trop nombreux par rapport au nombre de places et au nombre de surveillants.

En septembre, Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la justice avait visité la maison d'arrêt de Fresnes.

Les problèmes s’accumulent sur la prison de Fresnes. Une forte surpopulation : 1960 détenus en 2006 ; mille de plus (2989) dix ans plus tard pour un même nombre de cellules.


Près de 56% des détenus vivent à trois dans des pièces de 10m2. « Une fois déduite l’emprise des lits, des toilettes et de la table, trois personnes doivent vivre dans un espace d’environ 6m2 », précise dans un rapport rendu public aujourd’hui par la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline Hazan.

Tous les postes ne sont pas pourvus

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Or, face à cette hausse du nombre de détenus, l’effectif des surveillants n’a pas augmenté depuis 2012. Mais surtout, tous les postes prévus en théorie ne sont pas pourvus : 703 postes de surveillants sont ainsi programmés pour la prison de Fresnes, mais ceux-ci ne sont en réalité que 676.

Et pourtant, note la CGLPL, « l’absentéïsme, paradoxalement, est faible ». Cet écart est encore plus flagrant concernant les officiers : -30% entre l’effectif théorique et réel.

Autre problème : une hygiène désastreuse. « Les rats évoluent en masse au pied des bâtiments (…) L’odeur persistante de leur pelage, de leurs excréments et de leurs cadavres s’ajoute à celle des amas d’ordures », indique le rapport. Sans oublier que l’établissement est infesté par les punaises de lit.

« Conception rigide de la discipline »

Mais Adeline Hazan pointe une autre difficulté plus inattendue : « Un poids insuffisant de la direction (…) L’établissement est historiquement marqué par une conception particulièrement rigide de la discipline. » En 2012, le CGLP estimait que cette pratique constituait un « facteur de sécurité pour les personnes détenues ». Mais en 2016, « elle est devenue illisible et brutale ».

Les contrôleurs du CGLPL ont effectué deux semaines de visite dans l’établissement et mené 190 entretiens auprès de détenus, de surveillants et de professionnels du milieu pénitentiaire intervenant à Fresnes. Leur constat est sans appel : « un réel climat de tension » et « un usage banalisé de la force et des violences » par le personnel.

« Climat d’affolement »

Certes, les contrôleurs reconnaissent que les violences entre détenus sont fréquentes, notamment dans les douches et les salles d’attente, lieux laissés sans surveillance, mais aussi dans les cours de promenade. Et qu’il n’est pas aisé pour le personnel d’y remédier.

Dans ce « climat d’affolement », les contrôleurs ont pu observer que l’alerte était donnée dès le premier signe d’opposition d’un détenu sans un usage proportionné de la force. A partir des caméras de vidéosurveillance, ils ont pu noter qu’un détenu qui refusait de faire un exercice, avait immédiatement été maîtrisé par plusieurs surveillants et conduit au quartier disciplinaire, « dans une position douloureuse, les bras relevés et tendus dans le dos, alors même qu’il ne se débattait pas. Un coup de pied lui a été asséné alors qu’il était immobilisé ».

Le garde des Sceaux répond

Si la CGLPL note que trois surveillants ont fait l’objet de mesures disciplinaires, elle préconise « des actions de formation et un renforcement déterminé de l’encadrement, afin de mettre un terme au climat de violence qui imprègne l’établissement ».

Dans sa réponse à Adeline Hazan, le ministre de la Justice a réaffirmé « son attachement au respect de l’exemplarité attendue des fonctionnaires et agents du service public pénitentiaire. Si certains agissements, non représentatifs du dévouement quotidien des personnels, s’avéraient relever de mesures disciplinaires, je peux vous assurer que la réponse de l’institution sera déterminée ».

Ouest-France

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